vendredi 11 août 2017

La saga de l'été de Charlie, épisode 2 : l'Auvergne ? Mais pourquoi donc ?!


Après une journée de voyage que je qualifierais de classique (cf épisode 1), nous sommes donc arrivés à Montaigut-Le-Blanc, petit village situé à une trentaine de kilomètres au sud de Clermont-Ferrand et tout près de St Nectaire.
C’est la 3ème fois que nous revenons dans le même gîte et nous savons d’ores et déjà qu’il y en aura une quatrième l’été prochain. Dans cette région, tout nous a séduit à commencer par le nom du gite :"Gite Vigneron", appellation d’origine totalement contrôlée.
Située dans les hauteurs du village, on ne peut être que séduit par cette maison derrière sa grille en fer forgé blanc, digne d’entrées de manoirs de romans de Daphné Du Maurier, ses pierres rassurantes qui font des murs de fiables gardiens de chaleur ou de fraîcheur en fonction des saisons, ses volets dont la couleur se rapproche de celui de la lavande ou d’un bleu délavé selon les fantaisies du temps.
Derrière sa grille, le jardin fièrement entretenu par ses propriétaires, constitue à cette saison, la pièce principale de la demeure, la pièce à vivre comme on dit :
- Entre deux parties de foot parfois dévastatrices, les enfants raflent les fraises des bois qui ont à peine le temps de rougir avant d’être gobées.
- Les parents s’y prélassent, organisent des soirées, des "after," ou de simples repas avec en toile de fond une vue imprenable, sublimée par la lumière changeante du jour : au loin, les champs pralinés de blé et leurs rouleaux de paille aux allures de bouchons, côtoient les parcelles vert chlorophylle des cultures locales. Quelques arbres aux variétés diverses semblent être positionnés idéalement pour l’équilibre de la toile. Monet aurait apprécié. Vous noterez la mention culturelle qui risque d’être l’unique, tellement mon capital culture générale est proche du rez-de-chaussée.

Pour parvenir au Gîte, les ruelles du village semblent avoir leur mot à dire sur l’intrusion des touristes arrogants et n’hésiteront pas à se rétrécir pour amocher la BMW dont le conducteur s’imagine encore sur le périphérique.
Dans ce petit village qui s’étend en hauteur, c’est le calme qui prédomine ; les rencontres sont plutôt rares si ce n’est celle d’un chat étendu sur un mur de pierres chaudes, les yeux mi-clos, suivant la trajectoire du promeneur et dont le regard parle de lui-même :"je t’ai à l’œil étranger". Les promenades ont des allures de mystère grâce aux multiples passages entre les maisons, les escaliers bordées de fleurs qui relient une ruelle à une autre, les simples murets de pierre qui servent de bancs de passage pour contempler la vue.
Certains peuvent penser que ces villages sont sans âme alors que c’est justement le contraire, ils possèdent l’âme de la vie qui passe.
- Le boucher a fermé, une des deux boulangeries également,
- l’hôtel est toujours là et ne désemplit pas : sa cour intérieure est un havre de paix et la limonade pression a un goût d’authentique et d'enfance ; l’endroit idéal pour de bonnes discutes de filles ou de mamans dépassées.
- Un salon de coiffure vient d’ouvrir et a bien l’intention d’en découdre, découper.
- Le fromager n’a pas bougé et propose une palette de choix toujours restreinte mais bien évidemment locale et d’une qualité sans égale : pour nous, ce sera un St Nectaire plutôt gras, celui dont la pâte déborde légèrement de chaque côté du morceau comme un petit bourrelet que l’on constate pour une fois, avec admiration.
 
Vous l’aurez compris, Sherlock et moi ressentons chaque année une bouffée de quiétude en arrivant ici et c’est ce que nous recherchons pour démarrer nos vacances : du calme, de l’authentique mais aussi du beau et dans ce domaine également, nous sommes plus que servis et avons en permanence le sentiment de vivre dans une carte postale. La route qui relie le village à Super-Besse est une pure merveille :
- les montagnes qui se découpent à l’horizon, sont d’un vert émeraude (que j’aimerais bien avoir) : leurs formes arrondies ajoutent une note de douceur à ces décors majestueux.
- les vaches caramélisées sont limite alléchantes.
- les villages que l’on traverse, renvoient un soleil de plomb, dont les rayons s’écrasent contre les volets fermés des maisons.
Les lacs aux alentours sont des points touristiques à ne manquer sous aucun prétexte :
- Chambon se veut chaleureux avec ses restaurants au panorama saisissant et ses baignades et sports nautiques autorisées.
- Pavin est d’une beauté glaçante, voire inquiétante avec la couleur bleue nuit de l’eau imperturbable. Pavin s’écoute autant qu’il se contemple : il y règne un silence mystérieux respectée par la faune.
 
Dans cette région, le temps n’est pas en vacances et en l’espace de quelques heures, le gris du ciel laisse sa place au bleu d’auvergne. Les orages sont monnaie courante et les gouttes de pluies qui s’écrasent sur la table en teck du jardin, prennent des allures de taches d’encre de chine éphémère. L’herbe asphyxiée par le soleil, retrouve sa respiration et soulève en expirant, des effluves de chaleur, de terre mouillée. Elle nous offre son plus doux des parfums, celui des première tontes du printemps. Pour peu que le vent se lève, il contribue à cette agréable diffusion que l’on souhaiterait presqu’en infusion.
Les tiges de lavande se trémoussent comme les aiguilles d’une horloge déréglée dans un dessin animé. Les sphinx colibris sont perturbés par ces mouvements incessants et ratent en permanence leurs atterrissages  sur les pistes mauves des fleurs de lavande.
 
Et puis la chance nous a été donnée de rencontrer à Montaigut une famille attachante, avec qui d’année en année, nous passons des moments inoubliables de partages, de rires, de discussions plus ou moins sérieuses jusqu’à parfois des heures tellement tardives, que la montagne en face, sombre dans l’ombre de la nuit et laisse le champ libre aux bougies, pour éclairer nos visages rougis par… le soleil bien évidemment !
 
Alors pour ceux que ça intéresse rendez-vous sur :


mardi 1 août 2017

La saga de l’été de Charlie, épisode 1 : le premier jour des vacances


Même si pour ma part, mon capital "vacances estivales" est déjà grave dilapidé, ce qui provoque dans mon inconscient des images de reprise proche de la syncope, j’aimerais revenir sur le premier jour des vacances qui combine la fermeture des bagages et de la maison, le voyage, ainsi que l’arrivée tant attendue sur le lieu de villégiature. Ces multiples étapes fournissent un concentré de ressentis, d’évènements qui se répètent d’année en année, avec parfois quelques variantes  pour notre plus grand plaisir ou déplaisir…

Le jour du départ en vacances chez les STESER, c’est toujours la même rengaine. La veille, nous nous fixons Sherlock et moi, un horaire cible de départ. S’ensuivent les éternelles discussions sur l’état du trafic que nous allons avoir. Enfin, quand je dis "discussion", je devrais dire "monologue" de Sherlock qui s’empresse de regarder sur tous les sites existants, les prévisions toujours fausses. Il enchaine sur des "sacs" de commentaires plus ou moins intéressants ; mais avec les années, je suis passée "maîtresse" dans l’art de prendre un air attentif tout en pensant au nombre de slips que j’ai prévu pour Watson.
Personnellement je me "cogne velu" de connaître la couleur du bison soit disant malin et pour cause, ce n’est pas moi qui conduis ; nous reviendrons d’ailleurs sur cet état de fait.
En revanche, je suis beaucoup plus réceptive à la préparation des sacs et à la fermeture de la maison.
Le calendrier de cette année était plutôt favorable à un départ anticipé par rapport aux autres années. En effet, notre location démarrant le samedi 15 juillet, le vendredi férié du 14 devait nous permettre de boucler les valises sans rien omettre et de cleaner correctement l’appartement, histoire de revenir de congés, dans un logis accueillant, propice aux ondes positives.
Ce 14 juillet, Sherlock s’est octroyé le luxe d’anticiper la vérification de la pression des pneus et de faire le plein, activités qui les années précédentes décalaient systématiquement notre départ d’environ une heure. Tout cela pour dire que, ce samedi 15 juillet nous étions au taquet et que rien n’aurait dû nous empêcher de partir vers 10h30 comme nous en avions convenu. Et comme chaque année, sans en comprendre encore la raison, nous n’avons pas décollé avant midi alors que 500 km de route nous attendait. Bon, j’ai bien un élément d’explication qui d’année en année prend une part de responsabilité croissante dans la lenteur à l’allumage de notre départ. La responsabilité en incombe à mon "marai" constat également effectué par Watson. Il se trouve qu’alors que tout a déjà été checké, à savoir le courant coupé, les prises débranchées (quelle utilité si le courant est coupé, je n’en sais rien mais c’est comme ça),  les baies vitrées fermées, le frigo dégivré, Sherlock nous demande à Watson et moi d’aller nous installer dans la voiture le temps qu’il refasse un énième tour de vérification… Et c’est à ce moment-là que le temps s’arrête. Comme chaque année nous attendons dégoulinants dans la voiture laissée en plein soleil que Sherlock effectue son incorrigible TOC de fermeture de maison. Et même si cette année nous finissons par le voir apparaître au bout de 20 minutes au lieu de 30, il remontera une ultime fois dans l’appart pour récupérer son sacs à dos contenant ses papiers, ordi et j’en passe et des meilleurs.
Toujours est-il que nous sommes enfin installés dans l’automobile que personnellement j’appelle mon salon géant. Je suis donc passagère avant, Sherlock étant aussi peu rassuré que moi que je prenne le volant. Qu’à cela ne tienne, tout est en place : la bouteille (d’eau) au frais, les magazines cons et le carnet de notes à poste, le téléphone sur secteur. Derrière Waston attend le feu vert pour s’emparer de la tablette rechargée à bloc pour l’occasion. Ca y est les vacances commencent ! Au bout d’une trentaine de kilomètres alors que je dévore "Voici", Sherlock se félicite une première fois parmi tant d’autres, d’avoir une vitesse de croisière satisfaisante : "On a bien roulé dis-donc". C’est généralement à ce moment-là que je finis mon inventaire de bagages et que je me rends compte que malgré de multiples listes, j’ai oublié un élément essentiel : en l’occurrence cette année, il s’agit du câble permettant de recharger la batterie de mon appareil photo offert à Noël et que je n’avais pas encore eu le loisir d’utiliser…
Les demi-heures se succèdent j’en suis à "Paris Match" alors que Waston entame sa cinquantième partie de foot. En passant devant les aires d’autoroute, nous décidons de différer notre repas car bien sûr, nous sommes en pleine heure de bouffe et les accès sont en totale indigestion. Le jambon soit disant braisé à la sauce maronnasse du resto de la station attendra.
Notre vitesse de croisière sera ralentie par une envie pressante de Watson qui, une fois les toilettes de l’aire de repos atteintes malgré un embout’ monstrueux à l’entrée, nous annoncera que finalement, il n’a plus envie…

Vient par la suite l’épisode du déjeuner au restaurant d’une aire d’autoroute, sorte de rituel incompréhensible car c’est toujours aussi mauvais : alors que Watson et Sherlock se délectent de leur plat respectifs, poulet sec, et andouillette malodorante, accompagnés de frites coefficient 50 de graisse, moi, pleine de résolutions diététiques en ce début vacances, je m’offre un bol de taboulé. Le spectacle est également dans la salle : à côté de nous, un couple de grands-parents en charge de leurs petits-enfants, semble déjà dépassé par les évènements ; dans leurs yeux on lit la détresse et le regret naissant mais tardif d’avoir accepté la garde de ces mini-monstres sur pattes : Chucky sort de ce corps ! Et puis, je me surprends à rêver d’être un homme en constatant que la file d’attente des toilettes femmes prend des allures de muraille de Chine…


Le reste du voyage se fait en toute sérénité : Bison  couillon s’est encore planté.
Sur la route, se succèdent les fous du volants qui s’ils continuent, vont être définitivement privés de vacances, des caravanes en forme de pots de fromage blanc Joker, tractées par de superbes berlines (cherchez l’erreur), des mous du volant qui préfèrent la file de gauche, des camions étrangers qui décident de se doubler, de préférence dans une montée…
Et puis, ça y est, la dernière montée, l’ultime virage du village, où l’on manque d’érafler la voiture et nous voici garés. Le décompte peut commencer : 28 jours, comme un cycle…
On s’empresse de prendre possession des lieux, en vidant les 15 tonnes de vêtements qui pour la plupart ne seront pas nécessaires. Le temps que la bouteille de champagne puisse se parer d’une buée significative et c’est l’heure de l’apéro : on n’attendra pas Patrick.
On respire, on profite de la vue qui vaut tous les écrans Panasonic et de cette vue, on en reparlera. La journée a été longue mais on aimerait que les 28 prochaines le soient aussi, même si comme dirait Sherlock :"on a bien roulé".

Bon premier jour de vacances pour les chanceux, bonne fin de vacances pour autres ! Et surtout, Carpe Diem.