vendredi 11 août 2017

La saga de l'été de Charlie, épisode 2 : l'Auvergne ? Mais pourquoi donc ?!


Après une journée de voyage que je qualifierais de classique (cf épisode 1), nous sommes donc arrivés à Montaigut-Le-Blanc, petit village situé à une trentaine de kilomètres au sud de Clermont-Ferrand et tout près de St Nectaire.
C’est la 3ème fois que nous revenons dans le même gîte et nous savons d’ores et déjà qu’il y en aura une quatrième l’été prochain. Dans cette région, tout nous a séduit à commencer par le nom du gite :"Gite Vigneron", appellation d’origine totalement contrôlée.
Située dans les hauteurs du village, on ne peut être que séduit par cette maison derrière sa grille en fer forgé blanc, digne d’entrées de manoirs de romans de Daphné Du Maurier, ses pierres rassurantes qui font des murs de fiables gardiens de chaleur ou de fraîcheur en fonction des saisons, ses volets dont la couleur se rapproche de celui de la lavande ou d’un bleu délavé selon les fantaisies du temps.
Derrière sa grille, le jardin fièrement entretenu par ses propriétaires, constitue à cette saison, la pièce principale de la demeure, la pièce à vivre comme on dit :
- Entre deux parties de foot parfois dévastatrices, les enfants raflent les fraises des bois qui ont à peine le temps de rougir avant d’être gobées.
- Les parents s’y prélassent, organisent des soirées, des "after," ou de simples repas avec en toile de fond une vue imprenable, sublimée par la lumière changeante du jour : au loin, les champs pralinés de blé et leurs rouleaux de paille aux allures de bouchons, côtoient les parcelles vert chlorophylle des cultures locales. Quelques arbres aux variétés diverses semblent être positionnés idéalement pour l’équilibre de la toile. Monet aurait apprécié. Vous noterez la mention culturelle qui risque d’être l’unique, tellement mon capital culture générale est proche du rez-de-chaussée.

Pour parvenir au Gîte, les ruelles du village semblent avoir leur mot à dire sur l’intrusion des touristes arrogants et n’hésiteront pas à se rétrécir pour amocher la BMW dont le conducteur s’imagine encore sur le périphérique.
Dans ce petit village qui s’étend en hauteur, c’est le calme qui prédomine ; les rencontres sont plutôt rares si ce n’est celle d’un chat étendu sur un mur de pierres chaudes, les yeux mi-clos, suivant la trajectoire du promeneur et dont le regard parle de lui-même :"je t’ai à l’œil étranger". Les promenades ont des allures de mystère grâce aux multiples passages entre les maisons, les escaliers bordées de fleurs qui relient une ruelle à une autre, les simples murets de pierre qui servent de bancs de passage pour contempler la vue.
Certains peuvent penser que ces villages sont sans âme alors que c’est justement le contraire, ils possèdent l’âme de la vie qui passe.
- Le boucher a fermé, une des deux boulangeries également,
- l’hôtel est toujours là et ne désemplit pas : sa cour intérieure est un havre de paix et la limonade pression a un goût d’authentique et d'enfance ; l’endroit idéal pour de bonnes discutes de filles ou de mamans dépassées.
- Un salon de coiffure vient d’ouvrir et a bien l’intention d’en découdre, découper.
- Le fromager n’a pas bougé et propose une palette de choix toujours restreinte mais bien évidemment locale et d’une qualité sans égale : pour nous, ce sera un St Nectaire plutôt gras, celui dont la pâte déborde légèrement de chaque côté du morceau comme un petit bourrelet que l’on constate pour une fois, avec admiration.
 
Vous l’aurez compris, Sherlock et moi ressentons chaque année une bouffée de quiétude en arrivant ici et c’est ce que nous recherchons pour démarrer nos vacances : du calme, de l’authentique mais aussi du beau et dans ce domaine également, nous sommes plus que servis et avons en permanence le sentiment de vivre dans une carte postale. La route qui relie le village à Super-Besse est une pure merveille :
- les montagnes qui se découpent à l’horizon, sont d’un vert émeraude (que j’aimerais bien avoir) : leurs formes arrondies ajoutent une note de douceur à ces décors majestueux.
- les vaches caramélisées sont limite alléchantes.
- les villages que l’on traverse, renvoient un soleil de plomb, dont les rayons s’écrasent contre les volets fermés des maisons.
Les lacs aux alentours sont des points touristiques à ne manquer sous aucun prétexte :
- Chambon se veut chaleureux avec ses restaurants au panorama saisissant et ses baignades et sports nautiques autorisées.
- Pavin est d’une beauté glaçante, voire inquiétante avec la couleur bleue nuit de l’eau imperturbable. Pavin s’écoute autant qu’il se contemple : il y règne un silence mystérieux respectée par la faune.
 
Dans cette région, le temps n’est pas en vacances et en l’espace de quelques heures, le gris du ciel laisse sa place au bleu d’auvergne. Les orages sont monnaie courante et les gouttes de pluies qui s’écrasent sur la table en teck du jardin, prennent des allures de taches d’encre de chine éphémère. L’herbe asphyxiée par le soleil, retrouve sa respiration et soulève en expirant, des effluves de chaleur, de terre mouillée. Elle nous offre son plus doux des parfums, celui des première tontes du printemps. Pour peu que le vent se lève, il contribue à cette agréable diffusion que l’on souhaiterait presqu’en infusion.
Les tiges de lavande se trémoussent comme les aiguilles d’une horloge déréglée dans un dessin animé. Les sphinx colibris sont perturbés par ces mouvements incessants et ratent en permanence leurs atterrissages  sur les pistes mauves des fleurs de lavande.
 
Et puis la chance nous a été donnée de rencontrer à Montaigut une famille attachante, avec qui d’année en année, nous passons des moments inoubliables de partages, de rires, de discussions plus ou moins sérieuses jusqu’à parfois des heures tellement tardives, que la montagne en face, sombre dans l’ombre de la nuit et laisse le champ libre aux bougies, pour éclairer nos visages rougis par… le soleil bien évidemment !
 
Alors pour ceux que ça intéresse rendez-vous sur :


mardi 1 août 2017

La saga de l’été de Charlie, épisode 1 : le premier jour des vacances


Même si pour ma part, mon capital "vacances estivales" est déjà grave dilapidé, ce qui provoque dans mon inconscient des images de reprise proche de la syncope, j’aimerais revenir sur le premier jour des vacances qui combine la fermeture des bagages et de la maison, le voyage, ainsi que l’arrivée tant attendue sur le lieu de villégiature. Ces multiples étapes fournissent un concentré de ressentis, d’évènements qui se répètent d’année en année, avec parfois quelques variantes  pour notre plus grand plaisir ou déplaisir…

Le jour du départ en vacances chez les STESER, c’est toujours la même rengaine. La veille, nous nous fixons Sherlock et moi, un horaire cible de départ. S’ensuivent les éternelles discussions sur l’état du trafic que nous allons avoir. Enfin, quand je dis "discussion", je devrais dire "monologue" de Sherlock qui s’empresse de regarder sur tous les sites existants, les prévisions toujours fausses. Il enchaine sur des "sacs" de commentaires plus ou moins intéressants ; mais avec les années, je suis passée "maîtresse" dans l’art de prendre un air attentif tout en pensant au nombre de slips que j’ai prévu pour Watson.
Personnellement je me "cogne velu" de connaître la couleur du bison soit disant malin et pour cause, ce n’est pas moi qui conduis ; nous reviendrons d’ailleurs sur cet état de fait.
En revanche, je suis beaucoup plus réceptive à la préparation des sacs et à la fermeture de la maison.
Le calendrier de cette année était plutôt favorable à un départ anticipé par rapport aux autres années. En effet, notre location démarrant le samedi 15 juillet, le vendredi férié du 14 devait nous permettre de boucler les valises sans rien omettre et de cleaner correctement l’appartement, histoire de revenir de congés, dans un logis accueillant, propice aux ondes positives.
Ce 14 juillet, Sherlock s’est octroyé le luxe d’anticiper la vérification de la pression des pneus et de faire le plein, activités qui les années précédentes décalaient systématiquement notre départ d’environ une heure. Tout cela pour dire que, ce samedi 15 juillet nous étions au taquet et que rien n’aurait dû nous empêcher de partir vers 10h30 comme nous en avions convenu. Et comme chaque année, sans en comprendre encore la raison, nous n’avons pas décollé avant midi alors que 500 km de route nous attendait. Bon, j’ai bien un élément d’explication qui d’année en année prend une part de responsabilité croissante dans la lenteur à l’allumage de notre départ. La responsabilité en incombe à mon "marai" constat également effectué par Watson. Il se trouve qu’alors que tout a déjà été checké, à savoir le courant coupé, les prises débranchées (quelle utilité si le courant est coupé, je n’en sais rien mais c’est comme ça),  les baies vitrées fermées, le frigo dégivré, Sherlock nous demande à Watson et moi d’aller nous installer dans la voiture le temps qu’il refasse un énième tour de vérification… Et c’est à ce moment-là que le temps s’arrête. Comme chaque année nous attendons dégoulinants dans la voiture laissée en plein soleil que Sherlock effectue son incorrigible TOC de fermeture de maison. Et même si cette année nous finissons par le voir apparaître au bout de 20 minutes au lieu de 30, il remontera une ultime fois dans l’appart pour récupérer son sacs à dos contenant ses papiers, ordi et j’en passe et des meilleurs.
Toujours est-il que nous sommes enfin installés dans l’automobile que personnellement j’appelle mon salon géant. Je suis donc passagère avant, Sherlock étant aussi peu rassuré que moi que je prenne le volant. Qu’à cela ne tienne, tout est en place : la bouteille (d’eau) au frais, les magazines cons et le carnet de notes à poste, le téléphone sur secteur. Derrière Waston attend le feu vert pour s’emparer de la tablette rechargée à bloc pour l’occasion. Ca y est les vacances commencent ! Au bout d’une trentaine de kilomètres alors que je dévore "Voici", Sherlock se félicite une première fois parmi tant d’autres, d’avoir une vitesse de croisière satisfaisante : "On a bien roulé dis-donc". C’est généralement à ce moment-là que je finis mon inventaire de bagages et que je me rends compte que malgré de multiples listes, j’ai oublié un élément essentiel : en l’occurrence cette année, il s’agit du câble permettant de recharger la batterie de mon appareil photo offert à Noël et que je n’avais pas encore eu le loisir d’utiliser…
Les demi-heures se succèdent j’en suis à "Paris Match" alors que Waston entame sa cinquantième partie de foot. En passant devant les aires d’autoroute, nous décidons de différer notre repas car bien sûr, nous sommes en pleine heure de bouffe et les accès sont en totale indigestion. Le jambon soit disant braisé à la sauce maronnasse du resto de la station attendra.
Notre vitesse de croisière sera ralentie par une envie pressante de Watson qui, une fois les toilettes de l’aire de repos atteintes malgré un embout’ monstrueux à l’entrée, nous annoncera que finalement, il n’a plus envie…

Vient par la suite l’épisode du déjeuner au restaurant d’une aire d’autoroute, sorte de rituel incompréhensible car c’est toujours aussi mauvais : alors que Watson et Sherlock se délectent de leur plat respectifs, poulet sec, et andouillette malodorante, accompagnés de frites coefficient 50 de graisse, moi, pleine de résolutions diététiques en ce début vacances, je m’offre un bol de taboulé. Le spectacle est également dans la salle : à côté de nous, un couple de grands-parents en charge de leurs petits-enfants, semble déjà dépassé par les évènements ; dans leurs yeux on lit la détresse et le regret naissant mais tardif d’avoir accepté la garde de ces mini-monstres sur pattes : Chucky sort de ce corps ! Et puis, je me surprends à rêver d’être un homme en constatant que la file d’attente des toilettes femmes prend des allures de muraille de Chine…


Le reste du voyage se fait en toute sérénité : Bison  couillon s’est encore planté.
Sur la route, se succèdent les fous du volants qui s’ils continuent, vont être définitivement privés de vacances, des caravanes en forme de pots de fromage blanc Joker, tractées par de superbes berlines (cherchez l’erreur), des mous du volant qui préfèrent la file de gauche, des camions étrangers qui décident de se doubler, de préférence dans une montée…
Et puis, ça y est, la dernière montée, l’ultime virage du village, où l’on manque d’érafler la voiture et nous voici garés. Le décompte peut commencer : 28 jours, comme un cycle…
On s’empresse de prendre possession des lieux, en vidant les 15 tonnes de vêtements qui pour la plupart ne seront pas nécessaires. Le temps que la bouteille de champagne puisse se parer d’une buée significative et c’est l’heure de l’apéro : on n’attendra pas Patrick.
On respire, on profite de la vue qui vaut tous les écrans Panasonic et de cette vue, on en reparlera. La journée a été longue mais on aimerait que les 28 prochaines le soient aussi, même si comme dirait Sherlock :"on a bien roulé".

Bon premier jour de vacances pour les chanceux, bonne fin de vacances pour autres ! Et surtout, Carpe Diem.



mercredi 21 juin 2017

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #34

Lundi : LES BAINS DOUCHES À PARIS
Je croise ce matin un petit bonhomme d’environ 3 ans que son père suit à quelques mètres mais trop éloigné pour stopper l’initiative de son fils qui s’offre une douche complète, déclenchée par un balcon d’immeuble copieusement arrosé.
Mardi : "LA TOUR INFERNALE"
Sale temps pour les english qui cumulent les drames tout droit sortis des plus pires scénarios catastrophe…
Mercredi : "MANSPREADING"
Définition : habitude masculine qui consiste à s’assoir dans les transports en commun, les jambes écartées, en débordant sur le siège d’à côté. La mairie de Madrid a décidé de s’attaquer à ce phénomène à l’aide de pictogrammes dans ses rames de métro ; Anne Hidalgo c'est quand tu veux !
Jeudi : CAFE FRAPPÉ
Quand le mec se la pète en marchant devant moi avec son café à la main et que les battants de la porte d’accès au métro se referment inopinément sur son café…#je glousse
Vendredi : THÉ BÊTE
Overdose de thé ce matin ; je vais être survol thé. Moi qui pensais vous épa thé, je crois que c’est ra thé.
Samedi : TOUT EST PERMIS
Quand tu rentres dans une boutique pour acheter un article et que tu ressors avec 6…#carpe diem
Dimanche : NOSTALGIE NANTAISE GOURMANDE
Maman d’amour, ton poulet c’est le meilleur de l’univers !
Papa d’amour, les gâteaux Débotté, y’en a jamais assez !

mardi 13 juin 2017

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #33


Lundi : PURGEOX
Définition : contraction de purge et détox, cure indispensable à mener après un week-end de compétition.
Mardi : LES VIVANTS AU PRIX DES MORTS DE RENE FREGNY
Il y a les livres qu’on aime et puis ceux qui sont de véritables pépites comme celui-ci : un virtuose des mots à l’état pur.
Mercredi : MIKADO
Ce soir, je rêve de spaghettis que je laisse s’éparpiller sur le sol pour mon plus grand bonheur.
Jeudi : RANGEMENT
Phase de rangement dans mon bureau que je quitte définitivement demain : je retrouve tout type d’objets : décapsuleur, Tampax, bref la grande classe.
Vendredi : CLAP DE FIN
Séquence émotion après 10 ans passés : une déjeuner, un petit discours, et roule ma poule pour de nouvelles aventures.
Samedi : PHILOSOPHIE
Watson :"Tu sais Maman, moi chuis un gars énergétique. Alors pour m’endormir, je pense à Gaston Lagaffe."
Dimanche : STRESS ATTITUDE
Sommeil où te caches-tu ? J’ai l’impression de vivre une rentrée des classes ! Et dire que demain je vais devoir  faire la fille trop sympa ; vaste challenge…



dimanche 11 juin 2017

On est bien Tintin


Oui je sais ça fait bien longtemps que je n’ai pas pointé ma face de clavier et pourtant, ce n’est pas l’envie qui m’en manque. Je dois avouer que l’écriture de ma "Nouvelle" a laissé quelques traces de déception ainsi que d’amertume : une sorte de dépression des mots et le sentiment d’avoir épuisé tous les sujets, bref du grand n’importe quoi.
Chaque jour qui s’écoule est un torrent d’inspiration, à condition de faire un arrêt sur images, sur la cascade du temps.

S’il est une période qui mérite d’être décryptée, c’est celle que nous vivons depuis quelques semaines, depuis le Festival de Connes Cannes exactement. Je ne sais pas vous mais l’ouverture de ce Festival déclenche dans mon horloge du cortex une vague d’ondes positives. Je me fous éperdument de l’évènement même si je ne peux m’empêcher de jeter un œil distrait sur la montée des marches des célébrités : j’attends que l’une d’entre elles se pète la tronche ou déchire sa robe. Plus sérieusement je me délecte des tenues féminines qui même si elles proviennent des créateurs les plus en vogue, ne sont pas forcément en adéquation avec le sujet qui les porte. Mais la recherche de l’originalité dépasse parfois la lucidité et l’on se retrouve souvent avec des robes boudins.
En fait ce n’est pas le Festival qui me fait vibrer mais le fait qu’il soit synonyme du démarrage des "estivités" : qui dit Festival, dit le début des beaux jours. Vas-y sors le barbecue, ce soir c’est l'bon. Les brochettes imposantes et pas forcément ragoûtantes, prennent le leadership dans le rayon boucherie ; le rosé et le coca frôlent la rupture de stock en permanence.
Watson et Sherlock pourraient se nourrir de saucisses au quotidien, juste pour les voir s’abandonner à une séance de bronzage odorante sur la plaque du barbecue électrique. Sauf que moi, après la première saucisse de la saison, je frôle le "gras le bol". Alors cette année, c'est décidé, ce sera la saison de la marinade pour éviter l’overdose de chipos aux parfums de plus en plus diversifiés : tomates, oignons, piment d’Espelette, roquefort. A quand la saucisse au Spritz ?
Il n’empêche que rentrer le soir dans sa résidence et ressentir l’ambiance des balcons, entendre le son des barbecues et celui des verres qui se côtoient, c’est excellent pour le moral. Le temps d’une saison, la pièce principale des appartements se délocalise à l’extérieur ; peu importe la surface, chacun veut profiter de la moindre occasion pour vivre dehors, quitte à se retrouver et c’est bien là tout le paradoxe, autour d’une table de jardin, serrés comme des sardines.
Pendant ce temps-là, les bacs à glaçons démarrent leur travail saisonnier et enchaînent les trois huit pour ne jamais être vides ; quoi de plus frustrant que de rêver d’un Ricard ou d’un Coca glacé et de se retrouver confronté à la négligence du dernier utilisateur. Oui je dis bien "du dernier utilisateur" car cette négligence ne peut être que masculine…
C’est aussi la période où les climatisations des bureaux ont du mal à trouver leur marque : les locataires en font les frais et sont alternativement transformés en éponge dégoulinante ou en lapons frigorifiés.

Au même moment, chez Roland, c’est le début de l’effervescence : comme chaque année Perrier, Lacoste, Peugeot et BNP font leur show aux abords des courts de tennis. Les bacheliers révisent, un œil rivé sur la télé. Cette année, Roland subit un tempête de ciel bleu, ce qui rend l’évènement encore plus majestueux :
- les ombres des joueurs en mouvement sur la page orange du cours, sont une succession d’œuvres d’art éphémère.
- La terre n’en finit plus d’être battue pour notre plus grand plaisir : les traces de coups et les impacts des balles soulèvent une poussière aux allures de curcuma.
- Les joueurs et les joueuses poussent des cris de plus en plus puissants à la limite du râle animal mais ça n’étonne personne.
- Les ramasseurs des balles se battent pour subir l’esclavagisme des joueurs et de leurs caprices : collecteurs de balles mais aussi de serviettes, porteurs de parapluie, fournisseurs de  boissons, le tout en silence et au pas de course. Chez Roland, le spectacle est aussi dans les gradins. Alors que certains bossent en semaine, d’autres s’offrent le luxe de journées Porte d’Auteuil. Mais pour faire "genre je bosse", les hommes d’affaires ne quittent pas leur cravate et se retrouvent en chemise auréolée de sueur : c’est Môman qui ne va pas être contente ce soir.
Au défilé des couvre-chefs, c’est le canotier qui remporte la première place : 90 euros l’chapeau, disponible dans toutes les boutiques du "Village à Roland". Mais si je vous assure, le Tennis se popularise…
Dans les tribunes, Nelson Montfort fait son show en arborant fièrement ses implants capillaires de plus en plus fournis.
Vous l’aurez compris, je suis fan de tennis même si je suis nostalgique de l’époque où les joueurs se permettaient de l’excentricité dans les paroles et les tenues : les blagues de Connors, la mauvaise foi de Mc Enroe, la perruque d’Agassi et je ne plaisant pas ; séquence "le saviez-vous" : complexé par sa perte de cheveux anticipée, la tignasse d’Agassi n’était en fait qu’une postiche. Comme souvent, chez Roland comme au Festival de Cannes, la France ne fait qu’accueillir les évènements de façon impériale mais éprouve quelques difficultés à décrocher la palme de la coupe.

Eh bien voilà, j’avais juste envie de faire un arrêt sur cette période de l’année qui donne un avant-goût de vacances, que nous attendons tous. Il ne reste plus qu’à débroussailler les yétis qui sommeillent en nous, prendre soin de nos corps en s’hydratant d’une manière ou d’une autre et profiter des soirées rallongées en familles ou entre amis.
Excellente semaine à tous !




 




lundi 29 mai 2017

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #32




Hommage aux anglais, avec des mots ou expressions anglaises à la sauce Charlie...

Lundi : FUCKING CAHIER DE LIAISON
Mot de la maîtresse de Watson : "Watson se permet de prononcer quelques gros mots en classe !" #DTC
Mardi : BLOODY TUESDAY
Salle journée pour les British, endeuillés par un nouvel acte terroriste ainsi que la disparition de Roger Moore, incarnation suprême du flegme et de l’élégance britannique.#RIP
Mercredi : LET’S BARBECUTE
Quand Sherlock décide de remonter de la cave le barbecue,  "je s’rais" une saucisse, j’prendrais ma jambe à mon cou.
Jeudi : WHAT ABOUT HAVING MY BREAKFAST DEHORS ?
Allez soyons folles, pour fêter ce premier petit déjeuner en terrasse, je sors la théière spéciale beaux-parents qui décidemment, devraient venir nous voir plus souvent #onsecalmejeblaguebellemaman
Vendredi : SALE TEMPS POUR LE MONKROAD ("chaussée" aux moines)
Amis fromages, restez au frais, rien ne résiste à la chaleur du jour, y compris ma carte bleue victime d’une insolation, malgré la climatisation du centre commercial que j’ai chaleureusement parcouru…
Samedi : WE ARE THE CHAMPIONS
Plus impressionnant que le match et son score, vivre et ressentir la minute de silence au milieu du stade de France.
Dimanche : HAIRS
Plus les années passent, plus la moumoute de notre Nelson Montfort prend de la hauteur et du frisottis.







mardi 23 mai 2017

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #31


Lundi : LA VÉRITÉ NE SORT PAS TOUJOURS DE LA BOUCHE DES ENFANTS
Watson :"Moi j’aimerais bien que Macron prenne Jean Lassalle comme premier ministre".
Mardi : SAINT ROSÉ
Bonne fête à tous les rosés, qu’ils soient secs ou fruités ! Mon petit doigt me dit qu’on va souvent vous fêter.
Mercredi : LA COURE DU ROI
A y est,  le monarc (anagramme de Macron) et son second ont  choisi leurs sujets. Le roi est mort, vive le roi.
Jeudi : TOUT DANS L’OPPOSITION
Faire opposition sur un chèque et recevoir un message de sa banque qui confirme l’opposition sur sa carte bleue…
Vendredi : MICRO MANIA
Sport en voie de démocratisation dans ma boîte, oublier de couper son micro et insulter la présentatrice :"Non mais putain qu’elle est molle celle-là, allez active on a autre chose à foutre qu’écouter tes conneries."
Samedi : HAND SPINNER
Qui ne connait pas ce nouveau jeu à la mode dans les cours de récré mais le saviez-vous ? Ce jeu a été inventé en 1997 par une maman qui voulait distraire sa fille malade. Faute de moyens financiers elle ne put renouveler son brevet et n’a donc aucun droit sur l’invention. #hand spleener
Dimanche : POULET ROTI
Je ne sais pas vous mais le poulet rôti est toujours plus savoureux le dimanche.#manquedinspiration

lundi 15 mai 2017

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #30


Lundi : ALLEZ ON S’DETEND
Anagramme de Marine Le Pen : "Amène le pir". Respirez, on a l’a évitée.
Mardi : VALLS A TROIS TEMPS
Temps 1, Valls perd la primaire / Temps 2, Valls  se tait/ Temps 3, Valls tente de se mettre "en marche".
Mercredi : HORS  SUJET
Ca y est, les lauréats du concours d’écriture "ELLE" sont tombés et bizarrement je ne suis pas dans la liste. #jeresteamère
Jeudi : RESISTE
Impossible, face à ce superbe cheese-cake exposé en vitrine et que la simple vision a déclenché chez moi, une envie irrépréhensible de me rouler dedans tellement il suintait la "moelleusité". #directementdanslesfesses
Vendredi : ORAGE
Quand le ciel devient cendre, que les feuilles des arbres se mettent à trembler et que la voix du vent se fait entendre, s’en suivront les premières gouttes de pluie, avant le tambour encore lointain du tonnerre.
Samedi : LE "TART-ART"
Indiscutablement Sherlock fait le meilleur tartare de l’univers. Son secret, l’onctuosité et un dosage parfait des condiments.
Dimanche : PASSATION SELON WATSON
Moi allant dire bonsoir à Watson : "Watson que fait cette malette noire dans ton lit ?"
Watson : "En tant que chef des armées, je me dois de conserver la valise nucléaire."

mardi 2 mai 2017

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #29


Lundi : PASSÉ SIMPLE PAS SI SIMPLE
Moi : "Watson tu es sûr que tu ne veux pas qu’on revoit ensemble le passé simple ?"
Watson (ton excédé) : "mais non c’est bon j’ai tout revu à l’étude."
Moi : "ok, verbe pouvoir, 1ère personne du pluriel."
Watson : "nous pouvumes".
Mardi : AU THÉÂTRE CE SOIR
Au cas où vous ne l’auriez pas compris, Marine est une femme comme les autres, une maman douce et tellement impliquée.
Mercredi : DOUCHE FROIDE
Ce matin pas d'eau chaude dans l'immeuble : du coup j’ai joué à Laura Ingalls en me faisant chauffer de l’eau dans une marmite #aprèsjiraiscouperdubois
Jeudi : DOUBLE SENS 
Au cours d’une réunion au sommet, collègue explique qu’il faut savoir profiter des opportunités commerciales : "les bons coups, c’est appréciable". Florilège de regards gênés dans l’assemblée, j’adore.
Vendredi : CASQUE A POINTE
Quatre heures non-stop de réunion au casque audio, j’ai les oreilles en chou-fleur.
Samedi : LE PONT DE DUPONT
Quelle jolie photo de famille de voir ces deux-là réunis et échanger des regards et des sourires complices.#jevaisrendre
Dimanche : LE TRUC QUI ÉNERVE SA RACE
Partir de mauvaise grâce un dimanche chez Décathlon pour acheter une paire de chaussures de sport pour Watson et s’apercevoir une fois de retour, que l’antivol est encore sur la paire…

lundi 1 mai 2017

Entre deux


Depuis quelques temps, je me dis qu’un petit billet politique s’impose. Loin de moi la volonté de prendre parti pour l’un ou pour l’autre mais plutôt de me placer en tant qu’observatrice de ce que nous vivons tous, depuis plusieurs semaines. C’est un véritable feuilleton avec chaque jour un rebondissement imprévu, que même les scénaristes de "House of Cards" n’auraient pu imaginer. Oui, la campagne présidentielle 2017 restera certainement dans les annales (ou anales comme on veut) et aura alimenté de nombreuses discussions chez les adultes comme les enfants. En tout cas chez nous, Watson suit à fond et nous menace de quitter le pays si MLP sort gagnante.
A l’origine de tout ce cirque, un seul mot : le Pouvoir. Bein oui, parce qu’il ne faut pas se leurrer, le but ultime de tous ces candidats, c’est d’accéder au pouvoir ou de le renverser. "De nos jours, la richesse c’est le pouvoir", disait Mitterrand…
Une chose est sûre, faire de la politique est un jeu d’acteurs admirable :
- affirmer blanc immaculé avec une détermination sans faille et militer pour le noir corbeau, le temps d’une pirouette (de costumes).
- adoucir son image par des sourires jusqu’aux tempes, en remettant une mèche blonde (aryenne) rebelle derrière l’oreille, le tout saupoudré de réponses, sous fond de fausse courtoisie.
- mettre en scène son couple à l’écart type étendu, au milieu de décors, dignes de Claude Lelouch.
- travailler sa patience, son mauvais caractère, pour donner une image d’un personnage apaisé.
La seule chose qui ne soit pas un jeu d’acteur, c'est la dose de mépris dont la plupart des candidats font preuve, avec pour cible principale leurs adversaires ou les médias, responsables des résultats du premier tour selon certains :"la démocratie, ça n’est pas le choix du système médiatique mais celui des français", expliquera Fillon aux journalistes. Chacun jugera…
Alors bien sûr, il y a les très bons acteurs et les moins bons ; prenons Hamon par exemple, qui manifestement ne pensait pas pouvoir remporter les primaires. Je n’ai pas l’impression qu’il ait lui-même voulu  et envisager un seul instant occuper la Présidence. Du coup, ses  discours, ses regards caliméro , ses hésitations n’ont pas fait mouche et la défaite du pauvre petit Benoît, ferait presque pitié. Dans le même genre, prenons Tonton Mélenchon, sevré jusqu’aux résultats du premier tour et qui part en live dès les chiffres annoncés. Chassez le naturel…
En guise de fond d’écran, Asselineau nous sort son rameau d’olivier, tandis que Cheminade se prend pour l’homme des cavernes  avec sa pierre silex. Poutou ignorant les radars, déblatère à 100 à l’heure en parlant avec le "nous", à la mode Alain Delon. Jean Lassale tente une percée, dans la salle des mots perdus.
Chose passionnante de cette campagne, le choix des mots dans la bouche de nos orateurs. "Peuple" prononcé une bonne centaine de fois par la blondasse. Pardon, j’avais dit que je ne me positionnerais pas mais là, trop c’est trop. J’avoue avoir du mal à comprendre que certains votants de droite ou de Mélenchon se posent la question du deuxième tour, pour sans doute une histoire de vengeance ou d’ego mal placé. De l’autre côté, notre jeune économiste aux cravates effilés, Grand gourou à ses heures, doté d'un sourcil gauche circonflexe. Lui parle "d’unité, de rassemblement", en se ruinant le gosier durant ses meetings aux allures américaines.
Et nous pauvre public dans l’histoire, comment réagit-on face à toutes ces prestations ?  On ne sait plus, on est dépassé. Tous les autres évènements de l’actualité passent malheureusement au second plan. Certains s’expriment "grâce" aux réseaux sociaux ; chaque jour, ils transfèrent des articles pour valoriser leur candidat ; ils se font le porte-parole de leur favori, espérant convaincre leurs "amis" sur la toile ou a contrario, publient des articles à charge contre l’un des adversaires.
Il y a également ceux qui commentent, qui expriment leur colère et qui, au fil des jours qui passent, se font de plus en plus virulents parce qu’écœurés, dégoutés et qui veulent le crier ;"la France c’est pas ça", "j’ai honte", "je vous en conjure, réagissez !!"
Certains ne font que "liker" (juste), parce qu’ils ne veulent pas s’engager ou tout simplement rentrer dans des débats sans fins, dont personne ne sortira gagnant.
Et puis, il y a ceux qui partagent des parodies, des montages, histoire d’apaiser les esprits qui s’échauffent d'heure en heure.
Chacun a ses idées et Facebook comme Twitter n’y changera rien, si ce n’est permettre à n’importe qui d’échanger sur ses positions, dans la plupart des cas, inflexibles.
Le point positif, c’est que les gens s’expriment d’une manière ou d’une autre : faut que ça sorte ! Ravie de voir que sur les réseaux sociaux, les mots sont  l’honneur : les mots des maux ou bien les maux des mots, à votre convenance Mesdames et Messieurs.
Encore une semaine à tenir dans cette atmosphère nauséabonde, tendue comme un string,  par une montée de Peggy la Cochonne (oups, mais avouez qu’elle lui ressemble ; elle va même jusqu’à montrer son jambonneau sur la dernière affiche), je disais donc, une montée de Peggy la Cochonne qui récupère des voix à coups de selfies et d’embrassades calculées. Parce que c’est aussi ça les élections, profiter de la détresse des gens pour les embrigader, leur faire croire que la seule solution pour contrer leur vie de merde, c’est de voter pour eux.
Pour couronner le tout, alors que nous pensions déjà avoir touché le fond, nous assistons à présent à des alliances improbables, à grands renfort de communication et de mises en scènes affligeantes, à la "Santa Barbara" : regards complices, sourires entendus, sous l'oeil affligé d’un Philippot abandonné, relégué au second rang, en deux temps trois mouvements.
 
Et dire qu’il y a quelques mois, je plaignais l’Amérique, de se retrouver gouvernée par un incapable roucmoute, imbu de sa personne, avide de…pouvoir. L’effet surprise avait été immense, tellement la bataille était soit disant acquise à Hillary. Pourvu que l’histoire  ne se répète pas. Tout va se jouer cette semaine ; il n’est même plus question d’idées mais d’opérations séduction. Mercredi soir, le moindre faux pas, la moindre erreur de langage, pourraient être fatales à l’un ou à l’autre. Espérons que ce soit plutôt à l’autre…
En attendant, en ce jour du 1er mai, profitez de ce temps réconfortant, de ces rafales de vent qui risquent de mettre à rude épreuve le brushing de la blondasse, détendez-vous, respirez du muguet, il parait que ça porte bonheur...


mardi 25 avril 2017

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #28


Lundi : EN SUS
Et un jour férié bien placé à la fin des vacances, histoire de se remettre dans le bain...du bassin parisien et de sa météo déprimante.
Mardi : JUBILATION
Le seul truc positif de cette journée de reprise, c’est de voir mes chers collègues blancs comme des loukoums en admiration devant ma mine resplendissante #jemaime
Mercredi : DIX POUR CENT
Vu que 90% des programmes télévisés du soir sont de piètre qualité, je ne saurais vous recommander la deuxième saison de la série "Dix pour cent".
Jeudi : LASSALE DES FÊTES
Grand moment de télévision avec le candidat Jean Lassale et ses envolées lyriques entre deux coups de fatigue liés à la Suze.
Vendredi : SI TU SAIS PAS, TAIS-TOI
Collègue au court d’une réunion : "Faut pas se mettre la corde au court bouillon".
Samedi : SCÈNE DE MÉNAGE 
Vu le temps que j'y ai passé, je peux vous dire que je n'ai pas fait le ménage que devant ma porte.
Dimanche : UN LONG DIMANCHE DE FIANÇAILLES D’AVRIL
Bizarrement, Je pense que l’on a été des dizaines de millions de personnes à avoir hâte que ce dimanche se termine.

lundi 17 avril 2017

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #27


Un résumé de notre semaine de vacances en couleurs.

Lundi : BLEU MENTHE GLACIALE
Comme le couleur de la mer sur la côte ouest de l’île et qui rend le tableau du littoral encore plus admirable.
Mardi : ROUGE
Comme nos visages farcis, qui en l’espace d’une journée, ont perdu leurs teints blafards et fatigués, si chers à l’Ile de France.
Mercredi : BLANC
Comme la fiente volontairement lâchée par une mouette forcément rieuse, sur mon crâne innocent.
Jeudi : JAUNE
Comme les innombrables ajoncs qui éblouissent les promeneurs et diffusent avant l’heure, une odeur de monoï.
Vendredi : GRIS
Comme ces quelques nuages qui ont la délicatesse de faire leur apparition le jour de notre départ.
Samedi : ORANGE
Comme le feu dans la cheminée qui réchauffe nos esprits, déjà bien refroidis par l’idée de la reprise.
Dimanche : MULTICOLORE
Comme les œufs camouflés dans un jardin nantais, où les parterres de fleurs explosent leurs couleurs.


dimanche 9 avril 2017

Traitez-moi de boulet


Il y a quelques jours, je vous vous annonçais sur Facebook, non sans une immense fierté, avoir participé à un concours d’écriture organisé par ELLE et les éditions 12-21. Le règlement était le suivant :
- Ecrire une nouvelle autour du chiffre 5.
- Entre 18 000 et 30 000 caractères maximum.
- Une ou plusieurs héroïnes.
- Il faut qu’il y ait de la surprise.
- Le déposer en ligne sur le site internet dédié, avant le 5 avril minuit.

C’est une collègue et amie qui, en février m’envoya le lien qui présentait le concours  et m’encouragea fortement à participer. Ma première réaction fut de me dire que ce genre d’exercice n’était pas pour moi ; autant je suis à l’aise lorsqu’il s’agit de raconter un évènement que j’ai vécu, autant imaginer une histoire, me paraissait hors de ma portée. Poussée par cette amie, l’idée commença à faire son chemin dans ma tête (de moineau).
Je passai toutes les vacances de février à imaginer mon histoire, mes personnages, les lieux : au bord de la piscine de notre hôtel SPA, je prenais des notes sur un cahier, effectuais des schémas sans doute uniquement compréhensibles par moi, bref j’étais lancée.
Pendant les deux mois qui suivirent, il n’y eut pas un seul jour sans que j’y pense : tous les week-ends étaient dédiés à de longues séances d’écriture. Finalement je me rendais compte qu’une fois le contour de l’histoire défini, l’inspiration venait progressivement, naturellement. Pour construire mes personnages, je puisai autour de moi, un sourire, un regard d’une tante qui m’avait marqué, un trait de caractère d’une amie ou d’un parent. Bref, J’y ai mis un peu de moi et certainement beaucoup de vous.
J’ai passé toute une journée à Paris à repérer des endroits que je comptais décrire, à rentrer dans des cafés pour voler des idées et les utiliser pour le "zinc"de ma nouvelle, "le 5 sur V". J’ai voulu intégrer des lieux et endroits qui me sont chers ou qui m’ont toujours questionnés : Brou par exemple, où habite l’une de mes héroïnes, je n’y ai strictement jamais mis les pieds mais cette sortie d’autoroute m’a toujours interpellée : Brou, quel nom débile et les habitants, on les appelle comment ? Les brouteurs et brouteuses ?
Ces deux mois ont été intenses mais j’ai adoré l’exercice ; aussi bizarre que cela puisse paraître lorsque j’ai rédigée ma dernière phrase, j’étais triste de me séparer de mes héroïnes.

Une fois ma nouvelle publiée, je me suis intéressée à celles de mes concurrents toutes visibles depuis le site et c’est là que le doute fit son apparition…
Bizarrement la majeur partie des histoires n’avaient que 9 ou 10 pages alors que la mienne 30. Vous commencez à voir où je veux en venir ?
Pourtant, prétentieuse que je suis, ma première réaction fut de me dire : "Eh bein, y’a un paquet de candidats pas suffisamment motivés qui ne sont pas allés au bout de l’exercice ! ». La deuxième hypothèse que je me formulais était encore pire : « hors sujet les gars les filles, vous n’avez pas le bon nombre de caractères ! Disqualifiés direct."
"LE BON NOMBRE DE CARACTERES"…On en parle tout de suite ou on attend un peu ?
Pendant toute la durée du concours je me répétais régulièrement :
"Alors je réponds bien au cahier des charges ?
- Le thème est bien le chiffre 5 ? Oui.
- Mes héroïnes sont bien des femmes.
- Il y a des effets de surprises ? Oui, enfin je crois.
- Je suis dans la fourchette de caractères autorisés. Ah bein ça oui, j’ai fait le calcul avec Word, si je veux faire 18 000 signes il me faut trente pages recto-verso."
Malgré cette vérification que j’ai dû faire dans ma tête une bonne demi-douzaine de fois, je restais néanmoins sur un sentiment de malaise, le même que l’on ressent quand en rendant une copie, on a le sentiment que quelque chose cloche sans savoir vraiment quoi.
C’est en reprenant Watson un soir, qu’une petite lumière rouge s’est allumée dans mon piètre cerveau : "Enfin Watson, est-ce tu as lu clairement l’énoncé ? Ne te lance pas dans un exercice sans bien le lire, enfin !". En même temps que je prononçai cette phrase, je venais de comprendre. Et si le compteur de Word s’exprimait en mots et non en caractères ? Je me précipitai donc sur mon ordinateur pour vérifier mon incroyable boulette : c’est pourtant pas compliqué, il suffit de lire en bas à gauche de l’écran : "Mots : 19 536", oui il s’agit bien de mots. Prenant mon courage à deux mains gauches, je cliquai pour connaître la conversion en caractères : 111 258 pour un maximum de 30 000 autorisés…
Inutile de vous dire que ce que vous être en train de penser, je me le suis infligée avant vous : mais quelle conne, pétasse, gourdasse et j’en passe et des pires.
Dans un élan de courage j’ai envoyé un message à Sophie, celle qui m’avait convaincu de faire ce concours, elle qui se voyait déjà mon attachée de presse et qui en plus, s’était farcie les 31 pages !
Alors oui, j’ai versé une ou deux larmes de colère.
Par la suite, avec Sherlock mon mari, pour détendre l’atmosphère, on a essayé d’imaginer la réaction du jury :

- Version 1 : "Nan mais regardez la pouffe qui écrit plus de 100 000 signes et qui se prend pour Zola !"
- Version 2 : "Elle est con ou elle est con cette Charlie Steser ? En tout cas elle sait pas compter !"
- Version 3 (sans doute la plus improbable) : "Ouais ok, elle n’est pas dans les clous mais on va quand même la lire ; elle s’est fait chier  la pauvre."

Oui je sais, ça n’est pas possible, lâchez-vous traitez moi de tout ce que vous voulez, je suis une m…
J’essaie d’en tirer néanmoins du positif et j’en ai trouvé :
- j’ai adoré le challenge et essayé de me mettre dans la peau d’un écrivain.
- j’ai été capable de pondre 30 pages dans un environnement parfois bruyant généré par les blabloutages de Sherlock et de Watson.
- j’ai envie de recommencer l’expérience.
Je suis, depuis, la cible de mon entourage et comme je le comprends :
- "Ne demandez pas à Charlie de s’occuper de la location de cet été ; elle serait capable de vous louer une maison pour 30 alors que vous n’êtes que 3".(Merci la Baronne)
-"Non Charlie, tu n’arriveras pas à verser le contenu d’une bouteille de 1,5 litre dans une de 50 centilitres."(Merci Sherlock)
 
Et vous savez ce qu’il y a de plus drôle, c’est qu’avant de publier la nouvelle, je devais me présenter en quelques lignes sur le site et expliquer ma motivation ; et bien je crois pouvoir dire que je dois détenir un certain talent pour les prémonitions : je termine mon petit speech avec la phrase suivante : "…Je me suis donc dit qu’il fallait que je tente cet exercice pour le meilleur et pour le pire."

Dommage que la Cérémonie des Boulets d’or n’existe pas car je l’aurais remporté haut la main.
Et pour votre information, le billet que je viens d’écrire fait 1 254 mots soit 6 730 caractères.