samedi 22 octobre 2016

Les transports en commun, c'est pas si commun


J’ai la chance de prendre régulièrement les transports en commun pour me rendre à mon travail, oui j’ai bien dit la chance parce quand on aime observer et écouter  comme moi, c’est une véritable zone d’investigation.
J’ai environ une heure de trajet en bus et RER chaque jour. Ça commence avec le bus qui parfois a tendance à faire du zèle en passant avant son heure ; alors là forcément, y a pas pire pour mettre de mauvais poil. Parce que moi le matin, chuis pas du genre à arriver à l’arrêt de bus en avance. C’est toujours la course, j’ai encore la brosse à dent dans la bouche qu’en même temps je fais griller la brioche de Waston,  tout en enfilant ma culotte. Vas-y, essaye un peu pour voir !
L’ambiance du bus le matin est assez particulière puisque les ¾ des occupants sont des lycéens et collégiens.  Généralement les djeun’s, ils dorment dans l’bus, ou s’envoient des sms alors qu’ils sont les uns en face des autres ; véridique.
Je suis devenue un pro pour mater les conversations SMS des autres ; un jour, je suis "tombée" sur une conversation entre mon voisin de bus et… sa maîtresse je suppute. J’vous la résume : je t’aime mais notre amour est impossible, on ne peut pas faire ça à nos conjoints respectifs et blablabla ; ça a duré au moins 10 minutes leurs échanges.  A la fin, j’avais les larmes aux yeux et j’ai failli dire à mon voisin : "Allez t’inquiète, ça va aller, t'as pris la bonne décision".
De manière générale, y a plus de choses à écouter dans l’bus  que dans le RER ; le RER c’est plutôt un spot d’observation ; on y reviendra.
3 sujets phares chez les jeunes dans le bus : les meufs/les mecs, les profs, les contrôles. J’avoue que je ne comprends pas forcément tout ce qu’ils se racontent, y a des tournures de phrase qui m’échappent mais ça doit être liée à la réforme.
Exemple :"Hè Meuf, vas-y t’as fait ton exo de SVT, file le ouam sinon j’vais m’faire foncedé par la relou . Hè t’sais quoi, en fait j’m'en bats les couilles, vas-y". Ne me remerciez pas pour ce florilège d’élégance verbale tout en fraîcheur et délicatesse. Je n’ai toujours pas compris pourquoi la plupart de leurs phrases se termine par "Vas-y".
Chez les adultes, les sujets de discussions sont plus variés : enfants, éducation, travail, conjoint, maladie et oui... Perso, j’aime bien écouter mais je fuis toute participation à une conversation parce que ça me gave de parler avec des collègues de transport et en particulier le matin : oui j’appelle ça "collègues" : à force de prendre le bus à la même heure, tu finis par voir toujours les mêmes têtes, jusqu’à ce qu’il y en ait une qui peut pas s’empêcher de venir s’assoir à côté de toi pour te raconter sa life : ce ne sont pas des amis ni des copines, c’est juste des collègues de transport. J’ai trouvé la technique pour les éviter, j’ai un peu honte mais bon ; non, en fait, j’ai  pas honte du tout.
2 techniques :
- Quand j’en vois une monter dans le bus alors que je suis moi-même assise et que la place à côté de moi est libre, je plonge dans mon bouquin ; mais pour autant ça l’arrête pas :"Continue à lire ne t’arrête pas pour moi, qu’est ce que tu lis, c’est bien ? ça parle de quoi ? Moi j’ai pas le temps de lire avec mes enfants et blablabla…"
- 2ème technique beaucoup plus efficace ; quand je la vois arriver la collègue en question, je fais semblant d’avoir une conversation téléphonique et je parle dans le vide avec un air grave, chuis pas à ça près ; du coup, elle me fait un signe de tête et passe son chemin. Bon le truc pour être crédible, c’est que ma discussion fictive doit toute de même se prolonger un minimum après qu’elle m’ait dépassée. C’est tout un art et c’est là que j'me rends compte que chuis pas mauvaise comédienne.

Et puis, y' a la partie RER qui est globalement un peu moins fun ne serait-ce que par les odeurs diverses et variées qui se manifestent dès la rentrée dans la station. Déjà ça l'matin, ça prend à la gorge et pour peu que y ait des courants d’air dans les couloirs, c'est encore pire !! Bein oui, y a toujours des courants d’air dans ces fuckings boyaux ; c’est peut-être la raison pour laquelle tout le monde marche à 100 à l’heure. Non mais ça m’a toujours épaté ce truc ; c’est comme un phénomène mécanique, t’es dans un couloir de RER ou de métro, faut que tu traces ta route à donf !
Pour en revenir à l’ambiance du RER voire du métro, l’ambiance est généralement calme ; les passagers qu’ils soient debout ou assis regardent à 99% leur téléphone ou lisent un truc… Parfois ils appellent mais c’est bref ; 3 types de conversations :
- "Oui c’est moi t’es où ? tu peux vn’ir me chercher, j’arrive dans 5 minutes".
- "Allo Marina, c’est Madame Chompi, je vais avoir un peu de retard vous pouvez vous occuper de son bain ?"
- "Ok on s’retrouve chez ouam à 6 vas-y".
En fait dans le RER (ou le métro), on regarde et on sent :
On regarde les personnes, leurs allures, les tenues des uns et des autres :
- "Tiens il est pas mal son sac ; vas-y bouge je vois pas la marque",
- "Mais c’est quoi ce fute avec ces pompes, elle a bu ou quoi ?",
- "Non mais l'autre qui s'maquille dans le RER, c'te honte."
- "Sympa ce pull, ça irait bien à Sherlock".
On sent le mec qu’est assis sur le strapontin d’à côté et qu’on a envie d’bouffer tellement son parfum est envoutant ; alors parfois on ose quitte à passer pour une  grosse chaûdasse de sa race :"Excusez-moi je peux vous demandez ce que vous portez comme parfum ?", "oui bien sûr !" Là, le mec il en peut plus : "c’est Tonka d’Hermès". Ah oui le parfum à 210 euros (pas francs) les 100 ml…Bon bein finalement DIOR HOMME, ça sent bon aussi.
On sent des effluves d’alcool de la personne d’à côté alors qu’il n’est que 8 heures du mat' et que ladite personne a l’air fraîche comme un gardon ; et là ça fout les boules…
Les visages sont aussi riches en expression du bonheur ; tout le monde fait la tronche sans exception et moi la première; je pense même que le mec qui rigole tout seul passe pour un fou pour les ¾ des passagers.
Et puis y a les moments de stress caractéristiques du métro ou du RER :
- les instants ou la rame s’immobilise juste avant votre arrêt pour une raison tenue secrète, ce qui vous met en retard le jour où justement, vous ne pouviez-pas vous le permettre.
- Les fois où à cause d’un défaut de matériel, on fait sortir de la rame tout le troupeau qui se retrouve sur le quai à attendre la prochaine qui sera forcément blindée.
- Les fois où les rames sont pleines à craquer et on nous pousse à l’intérieur comme du bon bétail ; j’ai d’ailleurs une pensée tout particulière pour la ligne 13 de métro dont le cheptel matinal est l’un des plus impressionnants !

En résumé, je suis plutôt pro transport en commun pour le côté exploratoire de la faune humaine. Bien sûr, je ne vous cache pas que parfois, quand ça fonctionne pas, que y a du retard, qu’on est collé serré ou que ça ch’moute, je préfèrerais être dans ma Fiat 500 que j’ai pas mais que si quelqu’un veut m’en offrir une qu’il n’hésite pas, je me ferais une raison pour changer de mode de transport.
"Vas-y".

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