dimanche 17 septembre 2017

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #35

Lundi : HIROCHIRMA
Et c’est reparti pour une explosion de polémiques, histoire d’occuper le terrain médiatico-politique.
Mardi : EXPERIENCE INEDITE
Quel bonheur de rentrer ce soir dans une rame de métro surchargée, de me retrouver plaquée contre la paroi, prête à rouler des pelles à la poignée de l’alarme.
Mercredi : NON STOP
J’espère que les nappes phréatiques ont apprécié cette journée digne d’un jour de novembre, grâce à ses averses continues, bercées par de cruelles bourrasques assassineuses de parapluie.
Jeudi : POUSSER LE BOUCHON UN PEU TROP LOIN
Se dit d’une bouteille que tu apportes à un dîner et qui se révèle imbuvable à cause d’arômes de liège surpuissants et imposants.
Vendredi : CA CAILLE SA RACE
Non seulement la pluie a élu domicile mais le froid se présente en invité surprise. #yaplusdsaisonmapauvdame
Samedi : FILET TROP GENTIL
Quoi de plus mignon qu’un filet qui mijote dans son miel et ses échalotes,  accompagné de ses figues au porto ?
Dimanche : FLEMME AUX POIRES
Remplacer ma séance de running par la confection d’un clafoutis aux poires, mes bourrelets sont à la fête.

dimanche 10 septembre 2017

Mais Charlie pourquoi t'écris ?


Il y a pratiquement un an jour pour jour, je créais sur Facebook la page "Le Blog de Charlie Steser". Depuis cette date, 33 sujets sortis de mon cortex ont emprunté le chemin de l’écriture et 238 mots ou expressions ont ponctué mes semaines.
Pour tout vous dire, je ne pensais pas pouvoir tenir le rythme mais mon activité professionnelle de l’époque n’étant pas des plus prenantes, je disposais de plages étendues pour réfléchir, convertir et écrire. Je suis consciente que le contenu et la qualité et de ma prose sont similaires à n’importe quel fruit : parfois trop vert, insipide, voire pourri et de temps en temps savoureux, juteux, délicieux. Le compteur de lecteurs disponible sur mon blog, est à ce titre impitoyable : certains sujets n’ont pas franchi la barre des 20 alors que d’autres se comptent par centaines : le meilleur des meilleurs, "La recette inratable du week-end réussi" qui culmine aujourd’hui à 669 ; allez savoir pourquoi…Et ce compteur je le consulte un nombre incalculable de fois après chaque publication. Je suis comme un accusé dans son boxe qui attend le verdict du jury. Parfois je le trouve injuste, non fondé, clément ou légitime. Mais de manière générale je fais confiance à la justice de mon pays…

Si j’écris, c’est avant tout pour moi. C’est un instant d’exception où la notion du temps est paradoxalement hors du temps : et c’est ainsi qu’en terminant un texte, je prends conscience que je viens de passer tout un après-midi à composer et pianoter sur les touches noires de mon clavier. L’écriture est une musique, le choix des mots donne le "LA", la phrase construite doit être mélodie et la ponctuation impose le rythme.
C’est un moment d’isolement complet. Sherlock et Waston peuvent mettre la maison à feu et à sang, je crois que je ne m’en rendrais pas compte. Je suis dans une bulle de mots sans maux. J’aime les instants où les phrases apparaissent sur l’écran comme par magie, guidées par mes doigts qui prennent possession de mon cerveau. J’ai parfois l’impression de n’être que spectateur.
Mais je ne vais pas le cacher, j’écris bien évidemment pour être lue. Une nouvelle contradiction entre cette course aux mots en solitaire et cette envie d’être vue par toujours un plus grand nombre.
Vous l’aurez compris, l’écriture est une passion ; elle fait aujourd’hui partie de ma vie parce qu’elle m’aide à mieux respirer en fonction de mon inspiration.  
Parfois ça se veut drôle, en tout cas c’est mon objectif, peut-être parce que le quotidien de chacun d’entre nous ne fait pas toujours rire.
En fixant les mots sur l’écran, j’ai le sentiment de détenir un super pouvoir, celui de faire une pause sur le temps qui défile, et ainsi d’en profiter davantage. On vit des choses extraordinaires au quotidien sans même sans rendre compte. Nous sommes des impatients du futur, toujours en train d’attendre des vacances, une soirée, un évènement, une rencontre. Le présent n’a plus sa place, à moins de le retenir au travers d’une page  qui reprend des couleurs, grâce aux mots qui la guérissent de sa pâleur.
Et pendant ce temps, la vie trace sa route avec des choses au quotidien qui font du bien : une rencontre, un appel, une belle journée, une bonne bouffe, un livre, une promenade, un effort, un running, une douche, un fou rire, une discussion en famille ou entre amis, un réflexion d’un enfant, un sourire, un message, s’endormir, une soirée, un verre dans un café parisien, un petit déjeuner dans la Bar d’Amélie Poulain, une recette, un feu de cheminée, un sourire, un spectacle, un projet à construire, regarder son enfant dormir, observer, écouter la vie et en faire son amie.
Alors oui, cette année je vais continuer mon blog malgré une activité professionnelle plus intense mais déjà source d’inspiration…
Je vais continuer parce que j’ai la prétention de croire que peut-être ces "arrêts sur images" déclenchent un peu de joie, un sourire, une émotion, une envie de faire une escale, de réfléchir sur soi ou sur les autres, sur ce que l’on a malheureusement passé à la trappe, contaminé par le virus de l’impatience.
Je vais continuer en essayant de me renouveler même si j’ai parfois l’impression d’avoir épuisé tous les sujets. Ce n’est certainement pas le cas ; des sujets, il en existe à la pelle au quotidien. Alors si parfois nous avons le sentiment que les évènements se répètent de jour en jour ou d’année en année, tout est question de filtre comme une photo postée sur Instagram.
Mais revenons sur mon futur que je repousse d’heure en heure pour qu’il ne devienne pas présent : celui de couvrir les livres de Watson et de remplir des formulaires qui ressemblent étrangement à ceux déjà remplis dans un passé récent. Quelle perte de temps, me direz-vous. Par les temps qui courent, il y a certainement meilleur passe-temps. Et comme dirait Irma : "Au temps en emporte le vent."

Copyright Véronique Gaudiot

dimanche 27 août 2017

La saga de l'été de Charlie, épisode 3 : Vendays-Montalivet, la digue la digue


Autant vous prévenir tout de suite, cette épisode risque d’être un peu moins poétique voire fleur de lavande que le précédent (cf La saga de l’été de Charlie épisode 2). Et puis j’en entends déjà qui se disent : "Pour une saga c’est plutôt pauvre en histoire de c…" Ah vous voulez de la fesse ? Bein vous allez en avoir et puis d’la bien dorée je vous le garantis !

Contrairement aux années précédentes où nous faisions 3 semaines, 3 destinations, 3 ambiances, nous avions décidé pour cet été de trouver après l’incontournable semaine en Auvergne, un endroit proche de la mer où nous pourrions poser nos valises et nos tongs durant 15 jours d’affilé. C’est en lisant fin décembre 2016 un post du blog "Pensées by Caro" dans lequel la blogueuse décrivait les longues plages de sables fin de Montalivet que je démarrais mes premières recherches, le prérequis étant une grande maison pouvant accueillir 8 personnes. Depuis plusieurs années, nous réservons deux semaines de nos vacances estivales avec les rares amis qui sont en capacité de nous supporter….
J’ai donc tapé sur Internet "Montalivet" et quelle ne fut pas ma surprise de tomber directement sur la page d’un des plus grands sites de naturisme… En investiguant davantage, je constatai avec un mélange de stupeur et de curiosité, que la région était effectivement réputée pour ses plages nudistes. Je décidais néanmoins de poursuivre ma prospection et tombais sur une  superbe propriété située à Vendays-Montalivet (prononcé Vend ice ce qui rajoute au côté exotique de la chose). Je décidai d’appeler le propriétaire pour en savoir un peu plus sur la présence de plages "normales": ce dernier manifestement adepte du naturisme ne me rassura qu’à moitié en me confirmant que oui, il devait y avoir des plages "textiles" et mixtes. Après de nombreux échanges avec nos amis sur un groupe Messenger baptisé pour l’occasion "Tous à poils 2017",  nous décidâmes collégialement de confirmer la location, étant bien entendu clair pour chacun d’entre nous (ou presque) que maillots de bains nous conserverons.
Dans nos critères de recherches pour ces deux semaines consécutives, il s’agissait de trouver un bel endroit au calme et pas trop loin de la mer. L’arrivée dans la propriété et ses deux hectares de terrain scrupuleusement entretenu, fut un enchantement pour petits et grands : une immense maison couleur ocre aux volets bleus, décorée avec beaucoup de goût : pierres apparentes, tomette, vieux parquet foncé, d’immenses baies vitrées, de superbes charpentes en bois clair et surtout beaucoup d’espace. Comme dit Watson, nous avions trouvé LA villa. Dehors une superbe terrasse couverte, avec sa longue table en bois passé par les étés qui passent. Accrochée à la vigne grimpante, une guirlande genre guinguette. Bref vous l’aurez compris, un endroit idéal pour vacances entre amis.
Bon mais ça a donné quoi ces vacances chez les culs nus ? Voici donc un petit florilège des temps forts de ces 15 jours entre amis.

L’ami Ricoré
Quel bonheur de se retrouver petits et grands autour de la table du petit déjeuner.
Les enfants comme à chaque fois se battent pour des céréales qui ressemblent à des croquettes pour chiens. A peine réveillés, leur débit de parole est haut comme la Freebox que l'on souhaiterait débrancher.
Les adultes arrivent au compte-goutte (de je ne sais quoi) avec des têtes plus ou moins révélatrices de la qualité de la soirée de la veille. Généralement, ils ne parlent pas et sont plongés dans leur "chococafthé" en trempant leurs tartines ; je n’ai jamais compris ce rituel de bouffer du pain mouillé,  ça me donne des hauts-le-cœur rien que d’y penser. Et chaque matin, la table en fin de petit déjeuner prend des allures de champs de bataille au moment du rangement : des flaques de lait de-ci de-là, des restes de tartines mâchonnées, des miettes à tout va qui se glissent bien évidemment dans les interstices de la table, quelques touches de confiture ou de miel et une ou deux abeilles suicidaires pour parfaire le décor.

L’insecte et l’être humain
Justement, parlons-en des abeilles. L’inconvénient de ces grandes propriétés et de la saison estivale au grand désespoir de mon "marai" Sherlock, c’est qu’il y a des bêtes qui agacent : il est toujours assez désopilant d’observer le comportement des adultes face au survol des guêpes au-dessus de nos assiettes : l’être humain est en capacité de perdre totalement le contrôle de ses gestes et de pratiquer d’étonnantes chorégraphies pour échapper à l’assaut.
Les tiques ont également fait carton plein cet été : deux adultes et un enfant. Parmi eux, Sherlock dont la peau semble être une délectation pour tout type d’insectes. Du coup, ses jambes en fin de vacances ressemblent à des cratères lunaires.
Oui, Le parisien n’aime pas les insectes et panique à la vue d’un pauvre grillon égaré sur la terrasse, qu’il flinguera à grand renfort de bombes insecticide, étant persuadé d’avoir affaire à un spécimen rarissime mi écrevisse mi frelon qu’il baptisera pour l’occasion "écrelon".

Les tâches ménagères
Avez-vous remarqué comme en vacances, les tâches ménagères prennent un air de fête alors que transposées dans la vie de tous les jours, c’est plutôt le contraire.
- sortir les poubelles ou les cadavres de bouteilles revêt un caractère poétique permettant d’admirer les étoiles (s’il y en a) ou de chercher les verts luisants.
- faire les courses devient une stratégie pour pouvoir fuir le brouhaha de la maisonnée et échanger entre filles quelques secrets de femmes. Généralement d’ailleurs on n’a pas le temps tellement la liste des courses est chargée.
- Préparer un repas prend des  airs de "compètes" entre mecs, à celui qui fera la meilleure cuisson à la plancha ou au barbecue. Mais quand il s’agit de nettoyer le matériel, force est de constater que ça se bouscule moins au portillon.
- les enfants prennent plaisir à mettre le couvert ; si si je vous assure : c’est à celui qui sera la plus rapide et ce comportement également relève du miracle estival.
En revanche le nettoyage de la maison en fin de semaine n’attire pas forcément les foules. Sherlock est passé maître dans l’art de faire semblant de faire.

Les soirées prolongées
Y’a pas à dire : même si la grisaille fait carton plein la journée, le moment de l’apéritif est une donnée qui met tout le monde d’accord pour retrouver le moral. C’est d’ailleurs pour cette raison que ce moment est souvent plus long que celui du repas en lui-même. La fin de la soirée n’appartient qu’à nous, enfin je veux dire aux adultes et ça vaut mieux pour tout le monde : des discussions de moins en moins intellectuelles voire compréhensibles, des activités dénuées de sens, comme certaines parties de pêche à l’écrevisse en pleine nuit à la lampe frontale, sous l’œil médusé et globuleux de crapauds sortis pour l’occasion.

Les visites de la région
La Gironde est une région au terroir intéressant. Nous avons visité des caves, nous avons gouté, nous nous sommes délectés ou n’avons pas aimé, parce qu’en matière d’arnaque au pinard, y’a de quoi faire dans les domaines…
Quand on est dans ce coin, on ne peut passer à côté du fameux marché de Montalivet. Un immense marché ouvert sept jours sur sept, véritable caverne d’Ali-Baba et paradis de la bouffe pour un groupe comme le nôtre adepte de bonne pitance. Olives, fougasses, cannelés, fromages basques, charcuteries, frites à l’ail, huitres dégustées sur place accompagnées de ballons de vin blanc, ont réduit à néant toute velléité de conserver un semblant de ligne digne.
Et puis bien sûr, il y a ces fameuses plages qui s’étendent à perte de vue, bordées de dunes "enchardonnées" qui risquent de blesser même la fesse la plus ferme. Alors oui, nous en avons vu puisque nous avons élu domicile sur une plage mixte. Etonnamment, l’acclimatation s’est faite assez rapidement à tel point qu’apercevoir un jogger avec juste une ceinture pour sa bouteille, ou une promeneuse en tee-shirt avec  rien en bas, n’avait plus rien d’étonnant à nos yeux (enfin si quand même un peu). Oserais-je avouer que l’un d’entre nous, loin de nos regards affolés, s’est éloigné dans l’immensité de cette étendue sableuse, pour jouer Christian Clavier dans "Les Bronzés" : "Azur, nos bêtes sont bondées d’un cri ; je m’éveille songeant au fruit noir de l’Anibe dans sa cupule verruqueuse et tronquée. St John Perse ".

Les actes manqués
Quand on passe des vacances en groupe, on partage toujours des moments uniques plus ou moins manqués, ça dépend de quel côté on se place.
- Cahier de vacances en vacances
Oui comme chaque année j’avais acheté un cahier de vacances en imaginant que la présence d’enfants autour de Watson créerait une sorte d’émulation. J’imaginais dans mon fort intérieur que l’on prévoirait des temps de révision qui nous permettraient, à nous parents, de nous avachir encore un peu plus dans nos transats de la paresse. Le cahier n’est même pas sorti de la valise pour la plus grande joie de Watson.
- Amnésie d’anniversaire
Mère indigne, je suis et resterais : fêter l’anniversaire de Watson, se tromper en mettant 9 bougies au lieu de 10. #tugrandistropvitemonfils
- Dirty Dancing
Jeune, je me souviens avoir éprouvé une sorte de malaise lorsqu’en boite de nuit, je voyais des adultes approchant l’âge de mes parents, se trémousser sur la piste de danse. Y’avait un côté pas normal. Alors lorsque mon amie Pamela (nom d’emprunt) et moi avons déchainé nos molécules en réalisant des chorégraphies désarticulées sur l’air de "when the rain beguins to fall" en plein milieu du salon, le regard des enfants parlait de lui-même : durant ces instants magiques, même la tablette fut reléguée au second plan, preuve que le spectacle surpassait le meilleur des youtubers.  La bouche béante, les yeux ouverts comme des soucoupes, nos enfants semblaient subir un choc, une sorte de paralysie proche d’un véritable traumatisme. Et ne me remerciez pas de vous avoir mis l’air de Jermaine Jackson dans la tête, c’est pour moi, c’est cadeau.
- Secrets de femmes dans ta face
A plusieurs tentatives, Pamela et moi-même avons tenté de nous isoler dans un coin du jardin, histoire d’avoir a minima une conversation intelligente et sérieuse durant le séjour. Ce n’était pas sans compter le prétendu côté féminin des hommes de la maison qui du coup nous rejoignaient systématiquement en vue de ne manquer aucun scoop, révélation ou confidence qui auraient pu leur échapper.
Et bien voilà, l’été 2017 s’achève ; ce fut un grand cru classé malgré un soleil particulièrement paresseux pour beaucoup d’entre nous. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter de bons bouchons de retours, des lessives infinies, une agréable reprise avec tous vos collègues préférés et une douce chasse aux fournitures dans les rayons déjà vides. Gardez le moral, il ne reste environ que 400 000 minutes avant l’été prochain.




vendredi 11 août 2017

La saga de l'été de Charlie, épisode 2 : l'Auvergne ? Mais pourquoi donc ?!


Après une journée de voyage que je qualifierais de classique (cf épisode 1), nous sommes donc arrivés à Montaigut-Le-Blanc, petit village situé à une trentaine de kilomètres au sud de Clermont-Ferrand et tout près de St Nectaire.
C’est la 3ème fois que nous revenons dans le même gîte et nous savons d’ores et déjà qu’il y en aura une quatrième l’été prochain. Dans cette région, tout nous a séduit à commencer par le nom du gite :"Gite Vigneron", appellation d’origine totalement contrôlée.
Située dans les hauteurs du village, on ne peut être que séduit par cette maison derrière sa grille en fer forgé blanc, digne d’entrées de manoirs de romans de Daphné Du Maurier, ses pierres rassurantes qui font des murs de fiables gardiens de chaleur ou de fraîcheur en fonction des saisons, ses volets dont la couleur se rapproche de celui de la lavande ou d’un bleu délavé selon les fantaisies du temps.
Derrière sa grille, le jardin fièrement entretenu par ses propriétaires, constitue à cette saison, la pièce principale de la demeure, la pièce à vivre comme on dit :
- Entre deux parties de foot parfois dévastatrices, les enfants raflent les fraises des bois qui ont à peine le temps de rougir avant d’être gobées.
- Les parents s’y prélassent, organisent des soirées, des "after," ou de simples repas avec en toile de fond une vue imprenable, sublimée par la lumière changeante du jour : au loin, les champs pralinés de blé et leurs rouleaux de paille aux allures de bouchons, côtoient les parcelles vert chlorophylle des cultures locales. Quelques arbres aux variétés diverses semblent être positionnés idéalement pour l’équilibre de la toile. Monet aurait apprécié. Vous noterez la mention culturelle qui risque d’être l’unique, tellement mon capital culture générale est proche du rez-de-chaussée.

Pour parvenir au Gîte, les ruelles du village semblent avoir leur mot à dire sur l’intrusion des touristes arrogants et n’hésiteront pas à se rétrécir pour amocher la BMW dont le conducteur s’imagine encore sur le périphérique.
Dans ce petit village qui s’étend en hauteur, c’est le calme qui prédomine ; les rencontres sont plutôt rares si ce n’est celle d’un chat étendu sur un mur de pierres chaudes, les yeux mi-clos, suivant la trajectoire du promeneur et dont le regard parle de lui-même :"je t’ai à l’œil étranger". Les promenades ont des allures de mystère grâce aux multiples passages entre les maisons, les escaliers bordées de fleurs qui relient une ruelle à une autre, les simples murets de pierre qui servent de bancs de passage pour contempler la vue.
Certains peuvent penser que ces villages sont sans âme alors que c’est justement le contraire, ils possèdent l’âme de la vie qui passe.
- Le boucher a fermé, une des deux boulangeries également,
- l’hôtel est toujours là et ne désemplit pas : sa cour intérieure est un havre de paix et la limonade pression a un goût d’authentique et d'enfance ; l’endroit idéal pour de bonnes discutes de filles ou de mamans dépassées.
- Un salon de coiffure vient d’ouvrir et a bien l’intention d’en découdre, découper.
- Le fromager n’a pas bougé et propose une palette de choix toujours restreinte mais bien évidemment locale et d’une qualité sans égale : pour nous, ce sera un St Nectaire plutôt gras, celui dont la pâte déborde légèrement de chaque côté du morceau comme un petit bourrelet que l’on constate pour une fois, avec admiration.
 
Vous l’aurez compris, Sherlock et moi ressentons chaque année une bouffée de quiétude en arrivant ici et c’est ce que nous recherchons pour démarrer nos vacances : du calme, de l’authentique mais aussi du beau et dans ce domaine également, nous sommes plus que servis et avons en permanence le sentiment de vivre dans une carte postale. La route qui relie le village à Super-Besse est une pure merveille :
- les montagnes qui se découpent à l’horizon, sont d’un vert émeraude (que j’aimerais bien avoir) : leurs formes arrondies ajoutent une note de douceur à ces décors majestueux.
- les vaches caramélisées sont limite alléchantes.
- les villages que l’on traverse, renvoient un soleil de plomb, dont les rayons s’écrasent contre les volets fermés des maisons.
Les lacs aux alentours sont des points touristiques à ne manquer sous aucun prétexte :
- Chambon se veut chaleureux avec ses restaurants au panorama saisissant et ses baignades et sports nautiques autorisées.
- Pavin est d’une beauté glaçante, voire inquiétante avec la couleur bleue nuit de l’eau imperturbable. Pavin s’écoute autant qu’il se contemple : il y règne un silence mystérieux respectée par la faune.
 
Dans cette région, le temps n’est pas en vacances et en l’espace de quelques heures, le gris du ciel laisse sa place au bleu d’auvergne. Les orages sont monnaie courante et les gouttes de pluies qui s’écrasent sur la table en teck du jardin, prennent des allures de taches d’encre de chine éphémère. L’herbe asphyxiée par le soleil, retrouve sa respiration et soulève en expirant, des effluves de chaleur, de terre mouillée. Elle nous offre son plus doux des parfums, celui des première tontes du printemps. Pour peu que le vent se lève, il contribue à cette agréable diffusion que l’on souhaiterait presqu’en infusion.
Les tiges de lavande se trémoussent comme les aiguilles d’une horloge déréglée dans un dessin animé. Les sphinx colibris sont perturbés par ces mouvements incessants et ratent en permanence leurs atterrissages  sur les pistes mauves des fleurs de lavande.
 
Et puis la chance nous a été donnée de rencontrer à Montaigut une famille attachante, avec qui d’année en année, nous passons des moments inoubliables de partages, de rires, de discussions plus ou moins sérieuses jusqu’à parfois des heures tellement tardives, que la montagne en face, sombre dans l’ombre de la nuit et laisse le champ libre aux bougies, pour éclairer nos visages rougis par… le soleil bien évidemment !
 
Alors pour ceux que ça intéresse rendez-vous sur :


mardi 1 août 2017

La saga de l’été de Charlie, épisode 1 : le premier jour des vacances


Même si pour ma part, mon capital "vacances estivales" est déjà grave dilapidé, ce qui provoque dans mon inconscient des images de reprise proche de la syncope, j’aimerais revenir sur le premier jour des vacances qui combine la fermeture des bagages et de la maison, le voyage, ainsi que l’arrivée tant attendue sur le lieu de villégiature. Ces multiples étapes fournissent un concentré de ressentis, d’évènements qui se répètent d’année en année, avec parfois quelques variantes  pour notre plus grand plaisir ou déplaisir…

Le jour du départ en vacances chez les STESER, c’est toujours la même rengaine. La veille, nous nous fixons Sherlock et moi, un horaire cible de départ. S’ensuivent les éternelles discussions sur l’état du trafic que nous allons avoir. Enfin, quand je dis "discussion", je devrais dire "monologue" de Sherlock qui s’empresse de regarder sur tous les sites existants, les prévisions toujours fausses. Il enchaine sur des "sacs" de commentaires plus ou moins intéressants ; mais avec les années, je suis passée "maîtresse" dans l’art de prendre un air attentif tout en pensant au nombre de slips que j’ai prévu pour Watson.
Personnellement je me "cogne velu" de connaître la couleur du bison soit disant malin et pour cause, ce n’est pas moi qui conduis ; nous reviendrons d’ailleurs sur cet état de fait.
En revanche, je suis beaucoup plus réceptive à la préparation des sacs et à la fermeture de la maison.
Le calendrier de cette année était plutôt favorable à un départ anticipé par rapport aux autres années. En effet, notre location démarrant le samedi 15 juillet, le vendredi férié du 14 devait nous permettre de boucler les valises sans rien omettre et de cleaner correctement l’appartement, histoire de revenir de congés, dans un logis accueillant, propice aux ondes positives.
Ce 14 juillet, Sherlock s’est octroyé le luxe d’anticiper la vérification de la pression des pneus et de faire le plein, activités qui les années précédentes décalaient systématiquement notre départ d’environ une heure. Tout cela pour dire que, ce samedi 15 juillet nous étions au taquet et que rien n’aurait dû nous empêcher de partir vers 10h30 comme nous en avions convenu. Et comme chaque année, sans en comprendre encore la raison, nous n’avons pas décollé avant midi alors que 500 km de route nous attendait. Bon, j’ai bien un élément d’explication qui d’année en année prend une part de responsabilité croissante dans la lenteur à l’allumage de notre départ. La responsabilité en incombe à mon "marai" constat également effectué par Watson. Il se trouve qu’alors que tout a déjà été checké, à savoir le courant coupé, les prises débranchées (quelle utilité si le courant est coupé, je n’en sais rien mais c’est comme ça),  les baies vitrées fermées, le frigo dégivré, Sherlock nous demande à Watson et moi d’aller nous installer dans la voiture le temps qu’il refasse un énième tour de vérification… Et c’est à ce moment-là que le temps s’arrête. Comme chaque année nous attendons dégoulinants dans la voiture laissée en plein soleil que Sherlock effectue son incorrigible TOC de fermeture de maison. Et même si cette année nous finissons par le voir apparaître au bout de 20 minutes au lieu de 30, il remontera une ultime fois dans l’appart pour récupérer son sacs à dos contenant ses papiers, ordi et j’en passe et des meilleurs.
Toujours est-il que nous sommes enfin installés dans l’automobile que personnellement j’appelle mon salon géant. Je suis donc passagère avant, Sherlock étant aussi peu rassuré que moi que je prenne le volant. Qu’à cela ne tienne, tout est en place : la bouteille (d’eau) au frais, les magazines cons et le carnet de notes à poste, le téléphone sur secteur. Derrière Waston attend le feu vert pour s’emparer de la tablette rechargée à bloc pour l’occasion. Ca y est les vacances commencent ! Au bout d’une trentaine de kilomètres alors que je dévore "Voici", Sherlock se félicite une première fois parmi tant d’autres, d’avoir une vitesse de croisière satisfaisante : "On a bien roulé dis-donc". C’est généralement à ce moment-là que je finis mon inventaire de bagages et que je me rends compte que malgré de multiples listes, j’ai oublié un élément essentiel : en l’occurrence cette année, il s’agit du câble permettant de recharger la batterie de mon appareil photo offert à Noël et que je n’avais pas encore eu le loisir d’utiliser…
Les demi-heures se succèdent j’en suis à "Paris Match" alors que Waston entame sa cinquantième partie de foot. En passant devant les aires d’autoroute, nous décidons de différer notre repas car bien sûr, nous sommes en pleine heure de bouffe et les accès sont en totale indigestion. Le jambon soit disant braisé à la sauce maronnasse du resto de la station attendra.
Notre vitesse de croisière sera ralentie par une envie pressante de Watson qui, une fois les toilettes de l’aire de repos atteintes malgré un embout’ monstrueux à l’entrée, nous annoncera que finalement, il n’a plus envie…

Vient par la suite l’épisode du déjeuner au restaurant d’une aire d’autoroute, sorte de rituel incompréhensible car c’est toujours aussi mauvais : alors que Watson et Sherlock se délectent de leur plat respectifs, poulet sec, et andouillette malodorante, accompagnés de frites coefficient 50 de graisse, moi, pleine de résolutions diététiques en ce début vacances, je m’offre un bol de taboulé. Le spectacle est également dans la salle : à côté de nous, un couple de grands-parents en charge de leurs petits-enfants, semble déjà dépassé par les évènements ; dans leurs yeux on lit la détresse et le regret naissant mais tardif d’avoir accepté la garde de ces mini-monstres sur pattes : Chucky sort de ce corps ! Et puis, je me surprends à rêver d’être un homme en constatant que la file d’attente des toilettes femmes prend des allures de muraille de Chine…


Le reste du voyage se fait en toute sérénité : Bison  couillon s’est encore planté.
Sur la route, se succèdent les fous du volants qui s’ils continuent, vont être définitivement privés de vacances, des caravanes en forme de pots de fromage blanc Joker, tractées par de superbes berlines (cherchez l’erreur), des mous du volant qui préfèrent la file de gauche, des camions étrangers qui décident de se doubler, de préférence dans une montée…
Et puis, ça y est, la dernière montée, l’ultime virage du village, où l’on manque d’érafler la voiture et nous voici garés. Le décompte peut commencer : 28 jours, comme un cycle…
On s’empresse de prendre possession des lieux, en vidant les 15 tonnes de vêtements qui pour la plupart ne seront pas nécessaires. Le temps que la bouteille de champagne puisse se parer d’une buée significative et c’est l’heure de l’apéro : on n’attendra pas Patrick.
On respire, on profite de la vue qui vaut tous les écrans Panasonic et de cette vue, on en reparlera. La journée a été longue mais on aimerait que les 28 prochaines le soient aussi, même si comme dirait Sherlock :"on a bien roulé".

Bon premier jour de vacances pour les chanceux, bonne fin de vacances pour autres ! Et surtout, Carpe Diem.



mercredi 21 juin 2017

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #34

Lundi : LES BAINS DOUCHES À PARIS
Je croise ce matin un petit bonhomme d’environ 3 ans que son père suit à quelques mètres mais trop éloigné pour stopper l’initiative de son fils qui s’offre une douche complète, déclenchée par un balcon d’immeuble copieusement arrosé.
Mardi : "LA TOUR INFERNALE"
Sale temps pour les english qui cumulent les drames tout droit sortis des plus pires scénarios catastrophe…
Mercredi : "MANSPREADING"
Définition : habitude masculine qui consiste à s’assoir dans les transports en commun, les jambes écartées, en débordant sur le siège d’à côté. La mairie de Madrid a décidé de s’attaquer à ce phénomène à l’aide de pictogrammes dans ses rames de métro ; Anne Hidalgo c'est quand tu veux !
Jeudi : CAFE FRAPPÉ
Quand le mec se la pète en marchant devant moi avec son café à la main et que les battants de la porte d’accès au métro se referment inopinément sur son café…#je glousse
Vendredi : THÉ BÊTE
Overdose de thé ce matin ; je vais être survol thé. Moi qui pensais vous épa thé, je crois que c’est ra thé.
Samedi : TOUT EST PERMIS
Quand tu rentres dans une boutique pour acheter un article et que tu ressors avec 6…#carpe diem
Dimanche : NOSTALGIE NANTAISE GOURMANDE
Maman d’amour, ton poulet c’est le meilleur de l’univers !
Papa d’amour, les gâteaux Débotté, y’en a jamais assez !

mardi 13 juin 2017

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #33


Lundi : PURGEOX
Définition : contraction de purge et détox, cure indispensable à mener après un week-end de compétition.
Mardi : LES VIVANTS AU PRIX DES MORTS DE RENE FREGNY
Il y a les livres qu’on aime et puis ceux qui sont de véritables pépites comme celui-ci : un virtuose des mots à l’état pur.
Mercredi : MIKADO
Ce soir, je rêve de spaghettis que je laisse s’éparpiller sur le sol pour mon plus grand bonheur.
Jeudi : RANGEMENT
Phase de rangement dans mon bureau que je quitte définitivement demain : je retrouve tout type d’objets : décapsuleur, Tampax, bref la grande classe.
Vendredi : CLAP DE FIN
Séquence émotion après 10 ans passés : une déjeuner, un petit discours, et roule ma poule pour de nouvelles aventures.
Samedi : PHILOSOPHIE
Watson :"Tu sais Maman, moi chuis un gars énergétique. Alors pour m’endormir, je pense à Gaston Lagaffe."
Dimanche : STRESS ATTITUDE
Sommeil où te caches-tu ? J’ai l’impression de vivre une rentrée des classes ! Et dire que demain je vais devoir  faire la fille trop sympa ; vaste challenge…