dimanche 15 octobre 2017

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #38


Lundi : JEAN ROCHEFORT
"Sans ma moustache, j’ai l’impression de ne pas avoir de slip". Jean Rochefort, c’était un visage hors du commun, une moustache inimitable, un sourire équestre, un phrasé mêlant l’élégance et la désinvolture.
Mardi : ZÉRO CRÉDIBILITÉ
Collègue au cours d'une réunion : "Du coup, ce point tombe dans notre girouette."
Mais oui bien sûr, et les girons indiquent la provenance du vent.
Mercredi : "LE RESTE DE LEUR VIE" de JEAN-PAUL DIDIERLAURENT
Je m'étais délectée avec le premier "Le liseur de 6h27", celui-ci est tout aussi sensible, drôle et poétique.
Jeudi : JUST SHUT YOUR MOUTH !
Ce matin dans le RER, ma voisine et moi sommes prises d’un fou rire déclenché par les bruits de bouche que fait notre voisin en mangeant ses galettes, et apparemment ça ne dérange que nous !
Vendredi : LES P’TITS BONHEURS
Avoir le temps de prendre son petit déjeuner avec Watson et l’accompagner ensuite à l’école sans stress, cette journée de télétravail est une  pure aubaine.
Samedi : REMUE-MENAGE
A défaut de me remettre à courir, grosse vache que je suis, je me lance dans un sprint de ménage dont je célèbrerais la fin, par un menu chez le roi du burger, cherchez l’erreur.
Dimanche : LE ROI SOLEIL
Pique-niquer dans le parc du Château de Versailles, enchaîner par une promenade à vélo dans les allées royales puis le long du grand canal, longue vie au(x) Roi(s) Soleil.



dimanche 8 octobre 2017

Working Girl, la vie au Siège ou dans un fauteuil


Siège, définition Wikipédia (enfin presque) : "le siège ou siège social d’une entreprise est le lieu où se trouve sa direction centrale. Du latin sedes et de l’italien sedere qui en français signifie être assis, siéger, poser son gros cul dans un siège confortable pour ne plus en décoller de la journée."
Bienvenus dans ma nouvelle vie professionnelle que je côtoie depuis juin. Finis les problèmes de chauffage, de fuite d’eau dans mon bureau, terminé le management d’une équipe de cas "sociopathiques", les plats de la cantine flottards à la limite du respect des règles sanitaires, les ascenseurs en panne une fois sur deux. Welcome dans le monde de l’espace ou de l’Espace, ça marche aussi.
Quand tu passes d’une direction régionale à un Siège, c’est comme faire le grand écart pour la première fois : tu sais qu’il va te falloir plusieurs heures d’entrainement pour pouvoir y parvenir et que ce ne soit plus douloureux.
Qui dit Siège social, dit vitrine de la marque. Faut que ça claque à l’extérieur comme à l’intérieur du bâtiment. Alors tu mets un énorme logo sur la façade du building qui ressemble à un paquebot des chantiers St Nazaire, tellement qu’il est gros. Tu pénètres dans le hall d’entrée par une porte à « tournicoti » comme on voit souvent dans les hôtels, vous savez celles qui se mettent à tourner toutes seules mais qui se bloquent si tu marches trop vite. Dommage que celle empruntée par Lady Di et Dodi al Fayed ne soit pas restée bloquée, ça nous aurait peut-être évité le mémorial du pont de l’Alma. Désolée pour cette digression mais j’avoue que ce modèle de porte me fait toujours penser aux dernières images de Diana et son keum à la sortie de leur restau.
Une fois l’épreuve du "tournicoti" remportée avec succès, te voilà dans la zone d’accueil, le paradis de l’espace inutilisé et de la démesure. L’écran plat qui fait la taille de la baie vitrée de ton salon, diffuse en continu la nouvelle campagne de pub qui te ressort déjà par les yeux. Et oui, les deux points noirs que tu distingues à vingt mètres sont bien les chevelures des hôtesses d’accueils qui dépassent à peine de leur comptoir surdimensionné.
Vous l’aurez compris dans un Siège, tu parcours des kilomètres pour aller d’un endroit à un autre ; mais c’est mieux parce que quand tu travailles au Siège, ton pas doit être alerte, dynamique pour montrer que t’es méga occupé. D’ailleurs, les personnes qui se déplacent dans les couloirs ont leurs  ordinateurs ultrabook ouverts, greffés sur une main et casque audio implanté sur leur crâne, pour ne pas manquer le début ou la fin de la 12ème confcall skype de la journée.
Ah les réunions skype, une façon de travailler très Siège, qui demande également un peu d’habitude et de patience. Habitude pour éviter d’envoyer un message à l’ensemble des participants alors qu’il n’était destiné qu’à une seule personne. Habitude également pour ne pas ouvrir par inadvertance son micro et se mettre à prononcer des horreurs sur le travail d’un tel ou un tel. Et patience, parce que nombreux sont ceux qui se connectent avec un quota de trois ou quatre minutes de retard réglementaire ; et oui la réunion précédente s’est terminée plus tard que prévu, ou l’un des participants a un problème de connexion et passe son temps à pourrir le fil de messagerie avec des remarques du style : "vous m’entendez là ?" ou "je ne vois pas la présentation", "j’ai un problème avec mon micro". Bref tu perds au moins dix minutes par réunion à régler les détails techniques.
Tout cela n’est pas bien grave car au Siège, la notion du temps est bien particulière. L’écart type entre les premières et dernières arrivées le matin, dépasse les 2h30 facile et ça ne choque personne : dans mon open space (c’est-à-dire dans mon bureau partagé avec cinq autres personnes), quelle ne fut pas mon étonnement de constater qu’une de mes collègues arrivait tous les matins entre 10h30 et 11h00 ? J’ai naïvement pensé qu’elle travaillait en horaire décalé ; mais point du tout, c’est juste qu’elle n’est pas du matin… Bizarrement l’écart type du soir est lui, de faible amplitude, allez savoir pourquoi.
Durant ma période d’observation j’ai également constaté que certains passaient un temps non négligeable dans les espaces dits "de convivialité" à siroter des Nespresso gratôsses.
C’est la fameuse stratégie de la "discussion informelle", parce que c’est bien connu, autour d’un café (surtout s’il n’est pas payant,) t’en apprends beaucoup plus que derrière ton ordinateur… Le chic du chic reste quand même de t’octroyer une pause en ayant quand même l’oreillette à poste, pour éviter de louper un truc au cas où t’appellerait sur ton iPhone 15.
Quand tu arrives au Siège, il faut également que tu apprennes à parler la langue du pays et t’habituer à ce que quand quelqu’un te croises en te disant "bonjour comment vas-tu", la réponse "très bien je te remercie et toi ?" ne l’intéresse absolument pas, puisqu’il a tracé sa route pour ne pas être en retard au brief de la journée. Oui j’ai bien dit "brief" car ici on baigne dans les anglicismes : backlog, release, debrief, process, sharepoint, proof of concept (POC), crash test, kickoff and so on… Non seulement tu dois te familiariser avec ces expressions qui ponctuent tes conversations mais tu dois également revoir ta façon de t’exprimer. Au Siège, on ne dit pas :
- "J’ai parlé à Jennifer", mais "j’ai échangé avec Jennifer"
- "Il faudrait inclure ce point" mais "il faudrait embarquer cette évolution"
- "faire une réunion" mais "organiser un atelier"
- "Je m’en occupe"mais "je prends le point"
- "on est dessus" mais "ce sujet est en cours d’instruction"
- "Je suis d’accord avec toi" mais "je partage" ou éventuellement,"je te rejoins"
- "Laisse-moi le temps de regarder mes mails" mais "laisse-moi le temps de déplier mes mails"
- "Cordialement" mais "Bien à toi" surtout si tu viens de balancer à ton interlocuteur une réponse qui tu le sais, ne va pas lui plaire

Ce qui est également déroutant, c’est de croiser quotidiennement de nouveaux visages "tellement qu’on" est plein dans ce bâtiment. Et puis, chaque jour c’est un défilé de la fashion week : tu repères les consultants extérieurs à leurs costumes ajustés et chaussures rutilantes. Pour certaines, les talons sont de sorties ou les jupes ras la fouffe seront au rendez-vous été comme hiver. Et pour pouvoir admirer ces défilés, rien ne vaut le poste d’observation  des canapés de l’espace café, situés juste à la sortie de la cantine :
- "Tiens il est encore là lui ? Je croyais qu’il avait été viré. »
- "Il s’est fait des implants non ? on dirait qu’il a une moumoute sur le crâne !"
- "Elle en a pas marre de montrer sa culotte ?"

Voilà donc le fruit de mes trois premiers mois d’observation. J’essaie progressivement de me fondre en toute discrétion dans ce nouvel environnement dans lequel les comportements humains sont plus que captivants, parce que souvent surjoués à compter du moment où tu franchis la porte tournicoti du fameux hall d’entrée.  
Pour ma part, je vais essayer de rester moi, je mettrai un peu de formes pour éviter d’être  virée trop rapidement mais j’essaierai malgré tout de conserver ma dose de "n’importe quoi" qui permet j’en suis certaine, de  maintenir la spontanéité d’une relation humaine.
Bien à vous.

dimanche 1 octobre 2017

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #37


Lundi : C’TE HONTE
Quand tu te la pètes au boulot parce que t’as mis ton nouveau pantalon mais que t’as juste oublié de retirer l’étiquette qui ne fait que 20 cm de long…
Mardi : 20 ANS,  NOCES DE PORCELAINE
Le saviez-vous : se dit des couples qui, après 20 ans de mariage s’offrent le luxe de se balancer des assiettes en porcelaine à la place du service Arcopal.
Mercredi : CHOU CRÂNE
Merci Sherlock d’avoir obligé Watson à mettre son casque de vélo, qui dix minutes plus tard était totalement détruit et nous a permis d’éviter un séjour aux urgences…
Jeudi : JOURNÉE DU BUG
Aujourd’hui en sortant de l’ascenseur et après 50 mètres de déambulation dans les couloirs, je me rends compte que je ne suis pas au bon étage ; ensuite je m’offre le luxe de pénétrer dans les toilettes des hommes. Et enfin à la question quel âge as-tu, je réponds 37 au lieu de 47…
Vendredi : "POUR HIER "
Encore une expression qui a le don de m’énerver parce que même avec la meilleure volonté du monde ce ne sera que pour plus tard.
Samedi : SAUTÉ DE VEAU AUX OLIVES
Toi aussi, épate tes amis grâce aux recettes du livre "SIMPLISSIME LE LIVRE DE CUISINE LE + FACILE DU MONDE"
Dimanche : GITE LA CHAUMINE
Toujours aussi difficile de quitter ce havre de paix que nous avons découvert il y a maintenant 7 ans. (http://la-chaumine.jimdo.com/)

dimanche 24 septembre 2017

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #36


Lundi : " LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE"
Spéciale dédicace pour toi PG, miraculé d’un aquaplanning sur l’autoroute. Je ne peux m’empêcher de penser que l’étoile de Val qui n’a pas eu cette chance il y a presqu’un an, a déroulé sa filante de protection.
Mardi : NIVEAU COUR DE RÉCRÉ
TRUMP : "Si t’arrêtes pas tout de suite, je vais casser ton pays !"
PYONGYANG : "Nan toi d’abord t’arrêtes, sinon j’t’e f’rais dire que ça va barder !"
Mercredi : PICOTI PICOTA
Bah ça y est on y est, la gorge qui gratte, les yeux qui pleurent, la goutte au nez, welcome à toi mon premier rhum de la rentrée ; fais-toi plaisir, disperse-toi bien dans les interstices des coulisses des transports parisiens !
Jeudi : LE GRAND BLEU
Mais que vois-je à l’horizon, un ciel "bleu" c’est comme ça qu’on dit je crois, je ne m’en souviens plus très bien ?
Vendredi : FLASH INFO
Lors de la réunion de parents d’élèves, le maître fait une annonce qui nous a tous cloués sur place : "on travaille sur des cahiers". Si c’est pas du scoop ça !
Samedi : ÉTÉ INDIEN
Shorts,  trottinettes, roulages de galoches dans l’herbe du bois de Boulogne, glaces, pots en terrasse, on est bien.
Dimanche : BRAVO L'ARTISTE !
Merci Véronique Gaudiot pour la création de ce nouveau logo qui viendra dorénavant illustrer cette rubrique hebdomadaire.

dimanche 17 septembre 2017

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #35

Lundi : HIROCHIRMA
Et c’est reparti pour une explosion de polémiques, histoire d’occuper le terrain médiatico-politique.
Mardi : EXPERIENCE INEDITE
Quel bonheur de rentrer ce soir dans une rame de métro surchargée, de me retrouver plaquée contre la paroi, prête à rouler des pelles à la poignée de l’alarme.
Mercredi : NON STOP
J’espère que les nappes phréatiques ont apprécié cette journée digne d’un jour de novembre, grâce à ses averses continues, bercées par de cruelles bourrasques assassineuses de parapluie.
Jeudi : POUSSER LE BOUCHON UN PEU TROP LOIN
Se dit d’une bouteille que tu apportes à un dîner et qui se révèle imbuvable à cause d’arômes de liège surpuissants et imposants.
Vendredi : CA CAILLE SA RACE
Non seulement la pluie a élu domicile mais le froid se présente en invité surprise. #yaplusdsaisonmapauvdame
Samedi : FILET TROP GENTIL
Quoi de plus mignon qu’un filet qui mijote dans son miel et ses échalotes,  accompagné de ses figues au porto ?
Dimanche : FLEMME AUX POIRES
Remplacer ma séance de running par la confection d’un clafoutis aux poires, mes bourrelets sont à la fête.

dimanche 10 septembre 2017

Mais Charlie pourquoi t'écris ?


Il y a pratiquement un an jour pour jour, je créais sur Facebook la page "Le Blog de Charlie Steser". Depuis cette date, 33 sujets sortis de mon cortex ont emprunté le chemin de l’écriture et 238 mots ou expressions ont ponctué mes semaines.
Pour tout vous dire, je ne pensais pas pouvoir tenir le rythme mais mon activité professionnelle de l’époque n’étant pas des plus prenantes, je disposais de plages étendues pour réfléchir, convertir et écrire. Je suis consciente que le contenu et la qualité et de ma prose sont similaires à n’importe quel fruit : parfois trop vert, insipide, voire pourri et de temps en temps savoureux, juteux, délicieux. Le compteur de lecteurs disponible sur mon blog, est à ce titre impitoyable : certains sujets n’ont pas franchi la barre des 20 alors que d’autres se comptent par centaines : le meilleur des meilleurs, "La recette inratable du week-end réussi" qui culmine aujourd’hui à 669 ; allez savoir pourquoi…Et ce compteur je le consulte un nombre incalculable de fois après chaque publication. Je suis comme un accusé dans son boxe qui attend le verdict du jury. Parfois je le trouve injuste, non fondé, clément ou légitime. Mais de manière générale je fais confiance à la justice de mon pays…

Si j’écris, c’est avant tout pour moi. C’est un instant d’exception où la notion du temps est paradoxalement hors du temps : et c’est ainsi qu’en terminant un texte, je prends conscience que je viens de passer tout un après-midi à composer et pianoter sur les touches noires de mon clavier. L’écriture est une musique, le choix des mots donne le "LA", la phrase construite doit être mélodie et la ponctuation impose le rythme.
C’est un moment d’isolement complet. Sherlock et Waston peuvent mettre la maison à feu et à sang, je crois que je ne m’en rendrais pas compte. Je suis dans une bulle de mots sans maux. J’aime les instants où les phrases apparaissent sur l’écran comme par magie, guidées par mes doigts qui prennent possession de mon cerveau. J’ai parfois l’impression de n’être que spectateur.
Mais je ne vais pas le cacher, j’écris bien évidemment pour être lue. Une nouvelle contradiction entre cette course aux mots en solitaire et cette envie d’être vue par toujours un plus grand nombre.
Vous l’aurez compris, l’écriture est une passion ; elle fait aujourd’hui partie de ma vie parce qu’elle m’aide à mieux respirer en fonction de mon inspiration.  
Parfois ça se veut drôle, en tout cas c’est mon objectif, peut-être parce que le quotidien de chacun d’entre nous ne fait pas toujours rire.
En fixant les mots sur l’écran, j’ai le sentiment de détenir un super pouvoir, celui de faire une pause sur le temps qui défile, et ainsi d’en profiter davantage. On vit des choses extraordinaires au quotidien sans même sans rendre compte. Nous sommes des impatients du futur, toujours en train d’attendre des vacances, une soirée, un évènement, une rencontre. Le présent n’a plus sa place, à moins de le retenir au travers d’une page  qui reprend des couleurs, grâce aux mots qui la guérissent de sa pâleur.
Et pendant ce temps, la vie trace sa route avec des choses au quotidien qui font du bien : une rencontre, un appel, une belle journée, une bonne bouffe, un livre, une promenade, un effort, un running, une douche, un fou rire, une discussion en famille ou entre amis, un réflexion d’un enfant, un sourire, un message, s’endormir, une soirée, un verre dans un café parisien, un petit déjeuner dans la Bar d’Amélie Poulain, une recette, un feu de cheminée, un sourire, un spectacle, un projet à construire, regarder son enfant dormir, observer, écouter la vie et en faire son amie.
Alors oui, cette année je vais continuer mon blog malgré une activité professionnelle plus intense mais déjà source d’inspiration…
Je vais continuer parce que j’ai la prétention de croire que peut-être ces "arrêts sur images" déclenchent un peu de joie, un sourire, une émotion, une envie de faire une escale, de réfléchir sur soi ou sur les autres, sur ce que l’on a malheureusement passé à la trappe, contaminé par le virus de l’impatience.
Je vais continuer en essayant de me renouveler même si j’ai parfois l’impression d’avoir épuisé tous les sujets. Ce n’est certainement pas le cas ; des sujets, il en existe à la pelle au quotidien. Alors si parfois nous avons le sentiment que les évènements se répètent de jour en jour ou d’année en année, tout est question de filtre comme une photo postée sur Instagram.
Mais revenons sur mon futur que je repousse d’heure en heure pour qu’il ne devienne pas présent : celui de couvrir les livres de Watson et de remplir des formulaires qui ressemblent étrangement à ceux déjà remplis dans un passé récent. Quelle perte de temps, me direz-vous. Par les temps qui courent, il y a certainement meilleur passe-temps. Et comme dirait Irma : "Au temps en emporte le vent."

Copyright Véronique Gaudiot

dimanche 27 août 2017

La saga de l'été de Charlie, épisode 3 : Vendays-Montalivet, la digue la digue


Autant vous prévenir tout de suite, cette épisode risque d’être un peu moins poétique voire fleur de lavande que le précédent (cf La saga de l’été de Charlie épisode 2). Et puis j’en entends déjà qui se disent : "Pour une saga c’est plutôt pauvre en histoire de c…" Ah vous voulez de la fesse ? Bein vous allez en avoir et puis d’la bien dorée je vous le garantis !

Contrairement aux années précédentes où nous faisions 3 semaines, 3 destinations, 3 ambiances, nous avions décidé pour cet été de trouver après l’incontournable semaine en Auvergne, un endroit proche de la mer où nous pourrions poser nos valises et nos tongs durant 15 jours d’affilé. C’est en lisant fin décembre 2016 un post du blog "Pensées by Caro" dans lequel la blogueuse décrivait les longues plages de sables fin de Montalivet que je démarrais mes premières recherches, le prérequis étant une grande maison pouvant accueillir 8 personnes. Depuis plusieurs années, nous réservons deux semaines de nos vacances estivales avec les rares amis qui sont en capacité de nous supporter….
J’ai donc tapé sur Internet "Montalivet" et quelle ne fut pas ma surprise de tomber directement sur la page d’un des plus grands sites de naturisme… En investiguant davantage, je constatai avec un mélange de stupeur et de curiosité, que la région était effectivement réputée pour ses plages nudistes. Je décidais néanmoins de poursuivre ma prospection et tombais sur une  superbe propriété située à Vendays-Montalivet (prononcé Vend ice ce qui rajoute au côté exotique de la chose). Je décidai d’appeler le propriétaire pour en savoir un peu plus sur la présence de plages "normales": ce dernier manifestement adepte du naturisme ne me rassura qu’à moitié en me confirmant que oui, il devait y avoir des plages "textiles" et mixtes. Après de nombreux échanges avec nos amis sur un groupe Messenger baptisé pour l’occasion "Tous à poils 2017",  nous décidâmes collégialement de confirmer la location, étant bien entendu clair pour chacun d’entre nous (ou presque) que maillots de bains nous conserverons.
Dans nos critères de recherches pour ces deux semaines consécutives, il s’agissait de trouver un bel endroit au calme et pas trop loin de la mer. L’arrivée dans la propriété et ses deux hectares de terrain scrupuleusement entretenu, fut un enchantement pour petits et grands : une immense maison couleur ocre aux volets bleus, décorée avec beaucoup de goût : pierres apparentes, tomette, vieux parquet foncé, d’immenses baies vitrées, de superbes charpentes en bois clair et surtout beaucoup d’espace. Comme dit Watson, nous avions trouvé LA villa. Dehors une superbe terrasse couverte, avec sa longue table en bois passé par les étés qui passent. Accrochée à la vigne grimpante, une guirlande genre guinguette. Bref vous l’aurez compris, un endroit idéal pour vacances entre amis.
Bon mais ça a donné quoi ces vacances chez les culs nus ? Voici donc un petit florilège des temps forts de ces 15 jours entre amis.

L’ami Ricoré
Quel bonheur de se retrouver petits et grands autour de la table du petit déjeuner.
Les enfants comme à chaque fois se battent pour des céréales qui ressemblent à des croquettes pour chiens. A peine réveillés, leur débit de parole est haut comme la Freebox que l'on souhaiterait débrancher.
Les adultes arrivent au compte-goutte (de je ne sais quoi) avec des têtes plus ou moins révélatrices de la qualité de la soirée de la veille. Généralement, ils ne parlent pas et sont plongés dans leur "chococafthé" en trempant leurs tartines ; je n’ai jamais compris ce rituel de bouffer du pain mouillé,  ça me donne des hauts-le-cœur rien que d’y penser. Et chaque matin, la table en fin de petit déjeuner prend des allures de champs de bataille au moment du rangement : des flaques de lait de-ci de-là, des restes de tartines mâchonnées, des miettes à tout va qui se glissent bien évidemment dans les interstices de la table, quelques touches de confiture ou de miel et une ou deux abeilles suicidaires pour parfaire le décor.

L’insecte et l’être humain
Justement, parlons-en des abeilles. L’inconvénient de ces grandes propriétés et de la saison estivale au grand désespoir de mon "marai" Sherlock, c’est qu’il y a des bêtes qui agacent : il est toujours assez désopilant d’observer le comportement des adultes face au survol des guêpes au-dessus de nos assiettes : l’être humain est en capacité de perdre totalement le contrôle de ses gestes et de pratiquer d’étonnantes chorégraphies pour échapper à l’assaut.
Les tiques ont également fait carton plein cet été : deux adultes et un enfant. Parmi eux, Sherlock dont la peau semble être une délectation pour tout type d’insectes. Du coup, ses jambes en fin de vacances ressemblent à des cratères lunaires.
Oui, Le parisien n’aime pas les insectes et panique à la vue d’un pauvre grillon égaré sur la terrasse, qu’il flinguera à grand renfort de bombes insecticide, étant persuadé d’avoir affaire à un spécimen rarissime mi écrevisse mi frelon qu’il baptisera pour l’occasion "écrelon".

Les tâches ménagères
Avez-vous remarqué comme en vacances, les tâches ménagères prennent un air de fête alors que transposées dans la vie de tous les jours, c’est plutôt le contraire.
- sortir les poubelles ou les cadavres de bouteilles revêt un caractère poétique permettant d’admirer les étoiles (s’il y en a) ou de chercher les verts luisants.
- faire les courses devient une stratégie pour pouvoir fuir le brouhaha de la maisonnée et échanger entre filles quelques secrets de femmes. Généralement d’ailleurs on n’a pas le temps tellement la liste des courses est chargée.
- Préparer un repas prend des  airs de "compètes" entre mecs, à celui qui fera la meilleure cuisson à la plancha ou au barbecue. Mais quand il s’agit de nettoyer le matériel, force est de constater que ça se bouscule moins au portillon.
- les enfants prennent plaisir à mettre le couvert ; si si je vous assure : c’est à celui qui sera la plus rapide et ce comportement également relève du miracle estival.
En revanche le nettoyage de la maison en fin de semaine n’attire pas forcément les foules. Sherlock est passé maître dans l’art de faire semblant de faire.

Les soirées prolongées
Y’a pas à dire : même si la grisaille fait carton plein la journée, le moment de l’apéritif est une donnée qui met tout le monde d’accord pour retrouver le moral. C’est d’ailleurs pour cette raison que ce moment est souvent plus long que celui du repas en lui-même. La fin de la soirée n’appartient qu’à nous, enfin je veux dire aux adultes et ça vaut mieux pour tout le monde : des discussions de moins en moins intellectuelles voire compréhensibles, des activités dénuées de sens, comme certaines parties de pêche à l’écrevisse en pleine nuit à la lampe frontale, sous l’œil médusé et globuleux de crapauds sortis pour l’occasion.

Les visites de la région
La Gironde est une région au terroir intéressant. Nous avons visité des caves, nous avons gouté, nous nous sommes délectés ou n’avons pas aimé, parce qu’en matière d’arnaque au pinard, y’a de quoi faire dans les domaines…
Quand on est dans ce coin, on ne peut passer à côté du fameux marché de Montalivet. Un immense marché ouvert sept jours sur sept, véritable caverne d’Ali-Baba et paradis de la bouffe pour un groupe comme le nôtre adepte de bonne pitance. Olives, fougasses, cannelés, fromages basques, charcuteries, frites à l’ail, huitres dégustées sur place accompagnées de ballons de vin blanc, ont réduit à néant toute velléité de conserver un semblant de ligne digne.
Et puis bien sûr, il y a ces fameuses plages qui s’étendent à perte de vue, bordées de dunes "enchardonnées" qui risquent de blesser même la fesse la plus ferme. Alors oui, nous en avons vu puisque nous avons élu domicile sur une plage mixte. Etonnamment, l’acclimatation s’est faite assez rapidement à tel point qu’apercevoir un jogger avec juste une ceinture pour sa bouteille, ou une promeneuse en tee-shirt avec  rien en bas, n’avait plus rien d’étonnant à nos yeux (enfin si quand même un peu). Oserais-je avouer que l’un d’entre nous, loin de nos regards affolés, s’est éloigné dans l’immensité de cette étendue sableuse, pour jouer Christian Clavier dans "Les Bronzés" : "Azur, nos bêtes sont bondées d’un cri ; je m’éveille songeant au fruit noir de l’Anibe dans sa cupule verruqueuse et tronquée. St John Perse ".

Les actes manqués
Quand on passe des vacances en groupe, on partage toujours des moments uniques plus ou moins manqués, ça dépend de quel côté on se place.
- Cahier de vacances en vacances
Oui comme chaque année j’avais acheté un cahier de vacances en imaginant que la présence d’enfants autour de Watson créerait une sorte d’émulation. J’imaginais dans mon fort intérieur que l’on prévoirait des temps de révision qui nous permettraient, à nous parents, de nous avachir encore un peu plus dans nos transats de la paresse. Le cahier n’est même pas sorti de la valise pour la plus grande joie de Watson.
- Amnésie d’anniversaire
Mère indigne, je suis et resterais : fêter l’anniversaire de Watson, se tromper en mettant 9 bougies au lieu de 10. #tugrandistropvitemonfils
- Dirty Dancing
Jeune, je me souviens avoir éprouvé une sorte de malaise lorsqu’en boite de nuit, je voyais des adultes approchant l’âge de mes parents, se trémousser sur la piste de danse. Y’avait un côté pas normal. Alors lorsque mon amie Pamela (nom d’emprunt) et moi avons déchainé nos molécules en réalisant des chorégraphies désarticulées sur l’air de "when the rain beguins to fall" en plein milieu du salon, le regard des enfants parlait de lui-même : durant ces instants magiques, même la tablette fut reléguée au second plan, preuve que le spectacle surpassait le meilleur des youtubers.  La bouche béante, les yeux ouverts comme des soucoupes, nos enfants semblaient subir un choc, une sorte de paralysie proche d’un véritable traumatisme. Et ne me remerciez pas de vous avoir mis l’air de Jermaine Jackson dans la tête, c’est pour moi, c’est cadeau.
- Secrets de femmes dans ta face
A plusieurs tentatives, Pamela et moi-même avons tenté de nous isoler dans un coin du jardin, histoire d’avoir a minima une conversation intelligente et sérieuse durant le séjour. Ce n’était pas sans compter le prétendu côté féminin des hommes de la maison qui du coup nous rejoignaient systématiquement en vue de ne manquer aucun scoop, révélation ou confidence qui auraient pu leur échapper.
Et bien voilà, l’été 2017 s’achève ; ce fut un grand cru classé malgré un soleil particulièrement paresseux pour beaucoup d’entre nous. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter de bons bouchons de retours, des lessives infinies, une agréable reprise avec tous vos collègues préférés et une douce chasse aux fournitures dans les rayons déjà vides. Gardez le moral, il ne reste environ que 400 000 minutes avant l’été prochain.