mardi 10 avril 2018

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #53

Lundi : MAUSSADE
Chers provinciaux, savourez bien la chance que vous avez de ne pas être confrontés aux retours bouchonnées de fin de week-end sur l'autoroute de la gloaquitude, sous une ambiance de crachin de Toussaint.
Mardi : HISTOIRE DE QUEUES
Collègue  en pleine  réunion (la même, ce qui me pousse à croire que je vais bientôt pouvoir écrire un recueil) : "on est en train de se mordre la queue", à la place vous l'aurez compris de : "c'est le serpent qui se mord la queue", enfin je suppose...
Mercredi : ÇA AGACE
Quand tu perds ton bagde d'accès mais que tu sais où tu l'as laissé, que l'on te certifie qu'il ne s'y trouve pas, que tu le fais refaire, changes tous les codes d'accès associés et qu'en fin de journée, finalement le badge a été retrouvé à l'endroit que tu avais indiqué...
Jeudi : PLÉONAS(M)E
CFDT interviewée : "La grève des transports est un frein aux déplacements du quotidien". Ces gens sont des TGV de l'humour !
Vendredi : ÇA COGITE SÉVÈRE
Collègue, une autre qui me lit et qui je le sais, ne m'en voudra pas de la citer : "Je réfléchis en même temps que je pense".
Samedi : J-24
Autant l'avouer, je suis grave dans les choux concernant le concours d'écriture pour lequel ma nouvelle n'a toujours pas de fin, ce qui en soit n'est pas...une bonne nouvelle (désolée)
Dimanche : EN AVRIL, NE TE...
Aujourd'hui on ouvre la baie vitrée, on s'offre le luxe de boire son café dehors et l'on se retrouve le soir dans son lit, avec le nez en patate, les yeux rouges comme un lapin, dans l'obligation de devoir respirer en toute élégance et discrétion par la bouche : une belle nuit en perspective...

mardi 3 avril 2018

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #52







Lundi : "MY ABSOLUTE DARLING" DE GABRIEL TALLENT
Je termine cet ouvrage et  confirme qu'il s'agit d'un pur chef-d'oeuvre comme le mentionnent les multiples critiques littéraires. C'est ce genre de livre qu'on a du mal à lâcher et qui nous laisse orphelin après la dernière page avalée.
Mardi :  BUSINESS IS BUSINESS
Moi : "Watson parfois je me dis qu'avec ton sens de la négociation, tu serais capable de vendre ta propre mère.
Watson : Ah mais je ne t'ai pas dit ? J'ai vendu ton cerveau sur le Bon Coin."
Mercredi : CA REND SOURD
Vous connaissez bien sûr l'expression "pas de son, pas d'image". A mon travail, on lui préfère la version "pas de son pas d'oreille".
Jeudi : DINETTE
Prétexte généralement féminin pour passer une soirée à discuter, échanger, rire ou pleurer sans filtre ni retenue, en mode totale confiance et bienveillance. Et ben ça fait du bien !
Vendredi : UN HIVER SANS FIN
Partir en week-end en province et se retrouver sur une autoroute aux allures hivernales : vent, pluie, arbres dénudés, paysages détrempés. #alertenlèvementprintemps
Samedi : LANGOUSTINES CÔTÉ OUEST
Aujourd'hui dégustation de vraies langoustines, pas celles que tu achètes congelées sur les marchés parisiens. Non, celles qui se débattent  quelques instants dans l'eau bouillante, qui restent fermes au moment du décorticage et qui supportent sans se plier, la tonne de mayonnaise maison.
Dimanche : JOEUFS DE MOTS
Aujourd'hui chasse aux oeufs sous un triste ciel et une température hivernale qui nous oblige à nous couvrir, d'où l'expression : "Ne pas avoir froid aux oeufs". Désolée.

mardi 27 mars 2018

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #51


Lundi : GRISE MINE
Retour de la neige au réveil ce matin. Est-ce que quelqu’un là-haut peut switcher sur le programme " intensif Printemps" ? En vous remerciant.
Mardi : GARDE À VUE
Démarrage de la saison 15 de la série "Les malheurs de Sarkozy", série disponible sur toutes les chaînes d'info.
Mercredi : BLOUSON 1, ÉCHARPE -2
Après l’épisode blouson (cf post "Côté psy"), je vous propose la version écharpe (la deuxième perdue depuis le début de la saison) que j’ai appréhendée en toute quiétude par une suppression de l’argent de poche.
Jeudi : INTEMPOREL
Collègue (la championne) : "Jeudi dernier on y verra plus clair"
Vendredi : TRÈBES
...😢...
Samedi : "INEPSY"
Aujourd’hui la séance est consacrée à comprendre les oublis récurrents de Watson. Psy : "Watson est ce que tu te souviens de ce que tu oublies ?"
Dimanche : HORAIRE D'ÉTÉ
Sherlock jamais dans l'excès : "J’en ai ras-le-bol de ce changement d’heure ! Il me faut un an pour m’en remettre."

mardi 20 mars 2018

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #50


Lundi : C’ÉTAIT TROP BEAU
Souvenez-vous de la journée d’hier, il faisait beau et presque chaud, ce fut une journée idéale pour les ondes positives. Oui mais ça, c’était hier.
Mardi : COURS DE MATHS DISPROPORTIONNÉ
Je pense être la seule maman à enseigner à son fils les proportions en lui donnant comme exemple que si un garçon a 10 ans quand sa maman en a 30, à ses 20 ans, sa maman en aura 60. Il n’a fort heureusement pas adhéré à ma démonstration. #grossefatigue  #honteinterplanétaire
Mercredi : COMME UN AIR DE PRINTEMPS
Superbe journée aux allures de Printemps avec l’apparition des premières fleurs de prunus. Et dans Printemps, il y a "temps", comme celui qui s’écoule à toute allure et sans freiner. #carpediem
Jeudi : TELLEMENT BIEN VU
"L’écriture est un scalpel pour voir comment la nature humaine fonctionne." Philippe Claudel à "La Grande Librairie" sur France 5.
Vendredi : TER MOTS MIX
Quand l’expression "noyer le poisson" se transforme en "noyer tout dans le poisson", merci à mes collègues qui m’entourent, pour leur créativité débordante et sans limite.
Samedi : FLOP CHEF
Nouvelle recette testée aujourd’hui : un tagine de poulet au lait d’amande et aux abricots. Comme dit mon "marai" avec délicatesse "c’est doux", traduction : c’est totalement fadasse.
Dimanche : DARTY , LE CONTRAT DE CONFIANCE, VRAIMENT ?
Commencer la journée par laver à la main tout le contenu du lave-vaisselle soi-disant réparé deux jours avant…

dimanche 18 mars 2018

Côté psy




Si l’un d’entre vous croise Florence Foresti, dites-lui que j’ai peut-être un sujet de sketch qui devrait lui plaire ; le genre de sujet qu’on peut caricaturer sauf que dans le cas présent, malheureusement peut-être pour moi, rien n’est inventé.
L’histoire commence par une simple dispute entre une maman et son petit garçon de 10 ans. Pour faire simple appelons la maman Charlie, et le fiston Watson…
Quelques éléments de contexte :
un vendredi soir Watson rentre du foot et s’aperçoit en arrivant chez lui, que le blouson qu’il porte (à la main) n’est pas le sien mais celui d’un de ses camarades qui avait exactement le même, à la différence près qu’il a deux tailles en moins. A l’origine de cet échange, l’ambiance vestiaire de fin de match, les chaussettes qui se mélangent, les maillots qui volent les commentaires des plus belles actions qui fusent, on s’habille en prenant les fringues du voisin et bim.
Alors, quand Watson s’en aperçoit, il juge préférable de ne rien dire en tout cas, pas tout de suite mais le lendemain matin, juste avant de partir avec sa maman chez le psychothérapeute. Oui parce que  Watson ayant une carence en concentration, des séances chez un psy ont été fortement recommandées par le corps enseignant. Watson se rend généralement de bon cœur à ces rendez-vous mais ce matin-là, allez savoir pourquoi, il traine un peu la patte :
- Maman on est obligé d’y aller ? J’ai rien à lui raconter là, je travaille mieux et en plus, c’est les vacances.
-  Ecoute Watson, on ne peut pas annuler au dernier moment donc prends ton blouson et on y va.
- Avant, faut que je te dise quelque chose et je suis sûr que ça ne va pas te plaire. Malo, il avait le même blouson hier et en fait, il a pris le mien et moi j’ai le sien.
- Attends une minute ; tu veux dire que tu as le blouson de ton copain depuis hier soir ?  Mais tu t’en es aperçu quand ? Demande la maman qui commence à sentir l’énervement poindre son nez.
- Hier en rentrant.
- Et pourquoi tu n’as rien dit avant ? Hein pourquoi tu ne nous as pas prévenus tout de suite ? Il s’appelle comment ce garçon ? Bien sûr on ne le connait pas, on n’a pas son numéro de téléphone ! On est le premier jour des vacances, on annonce un froid polaire la semaine prochaine et tu es en train de me dire que ton blouson est dans la nature ?!!! L’énervement a laissé rapidement sa place à l’exaspération. T’avais pas de sujet pour ton rendez-vous et bien en voilà un tout trouvé !!
Watson et Charlie quittent l’appartement pour rejoindre la voiture. Sur le chemin qui les conduit au parking, la maman est devant et avance à grands pas, en jurant c’est mieux, alors que l’enfant suit derrière presqu’en courant mais restant légèrement en retrait pour éviter la confrontation.
Dans la voiture, la communication ne se résume qu’à des échanges de regards via le rétroviseur : deux yeux injectés d’éclairs contre une paire d’yeux, modèle chien soumis qui vient de faire pipi dans la maison.
Lorsque le psy les accueille par un :
- Alors, comment ça va aujourd’hui ?
Charlie est déjà en mode pilotage automatique défaillant.
- Et bien Watson vient de nous en faire une superbe et je ne vous cache pas que je suis particulièrement énervée. Mais je vais le laisser vous raconter.
Elle jette des regards complice, entendus au psy, l’air de dire vous allez voir, vous n’allez pas être déçu !
- Alors Watson qu’est-ce qui s’est passé ? Demande le psy dont le ton calme et le regard apaisé compensent avec le visage ravagé de furie de la mère.
Et Watson, penaud, la tête dans ses chaussures, raconte l’histoire en expliquant qu’il n’en a pas parlé tout de suite pour ne pas se faire gronder.
Le psy regarde la mère et lui demande :
- Et qu’est-ce qui vous dérange ?
- Qu’est ce qui me dérange ?! Mais enfin !! La vraie raison c’est qu’en rentrant hier soir, il n’avait qu’un seul objectif c’était de retrouver sa put foutue tablette et n’avait pas du tout envie d’être pollué par autre chose ou de devoir retourner chercher son blouson je ne sais où !!!
- Ok mais qu’est-ce qui vous met dans cet état ? Essayez d’analyser.
A cet instant précis, Charlie sent qu’elle perd le contrôle et que son supposé allié n’en est peut-être finalement pas un. Elle répond :
- Et bien on dirait que c’est moi qui vais parler aujourd’hui (air faussement dégagé et agacé).
- Peut-être que parce que c’est vous qui en avez le plus besoin ? (Bim prends toi ça dans la tronche). Alors en quoi ça vous dérange son attitude ?
Charlie poursuit son raisonnement même si elle commence à sentir que la partie lui échappe.
- Tout ça, c’est une question de confiance ! Il m’a caché quelque chose !!
- Vous êtes en train de dire qu’il vous a manipulée ?
- Oui c’est exactement ça ! Charlie pense avoir retrouvé son allié.
- Et pourquoi attachez-vous autant d’importance à la confiance ? Alors là Charlie commence à en avoir marre avec ces questions à la…psy
- Parc’que, parc’que, parce que j’ai des amies qui ont des enfants plus vieux que Watson, bref qui sont adolescents et qui boivent et se droguent !
En lâchant ces derniers mots à grande vitesse, Charlie sent qu’elle est allée peut être un peu trop loin dans son raisonnement mais c’est trop tard. Watson la regarde avec des yeux comme des soucoupes et lui demande sous le choc :
- En fait t’as peur que je me drogue ?
- Oui, enfin non, enfin c’est pas ce que je voulais dire.
Le psy se lève et poursuit :
- Ok, on va faire un petit schéma sur le paperboard. Il écrit le mot blouson, dessine en dessous une flèche qui descend et écrit au bout le mot drogue. Il explique :
- Donc résumons-nous, on part d’une histoire de blouson malencontreusement échangé. Watson s’en aperçoit et ne dit rien parce qu’il a peur de se faire gronder : comportement normal d’un enfant de 10 ans. Et on termine avec une suspicion de consommations de drogue dans quelques années. Je ne dis pas que Watson a eu raison de ne rien dire ; je dis juste que c’est une attitude d’enfant et vous lui prêtez des comportements d’adulte en parlant de manipulation.  Je suppose que via le club de foot vous allez avoir les coordonnées de ses parents non ? Donc finalement le blouson n’est pas perdu. Madame Steser, vous ne seriez pas un peu angoissée ? Vous ne seriez pas du genre à vous inventer des scénarios catastrophes ?
- Non pourquoi ? Enfin si... peut-être… un peu.
- Et votre mari il en dit quoi ?
- Mon mari, mon mari… il dit que je suis hypocondriaque. Charlie se dit encore une fois qu’elle aurait mieux fait de se taire. Sourire du psy qui s’adresse à Watson :
- Ok Watson ; bon, il ne faut pas que tu en veuilles à ta maman c’est un peu Mouchi dans "un éléphant ça trompe énormément", "mon fils, mon fils".  Faut pas lui en vouloir, tu es son fils unique. Il faut juste qu’elle apprenne à se détendre, à se relaxer.
Et s’adressant à Charlie et Watson :
- Bon je pense qu’on en a fini pour aujourd’hui. Voulez-vous qu’on fixe un autre rendez-vous ?
Charlie : "c’est Watson qui décide.
Watson : Oh oui ! Ca fait du bien à Maman je crois et moi ça me va très bien."

mardi 13 mars 2018

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #49


Lundi : REPRISE GÉNÉRALE
Reprise du boulot, avec une reprise d’une purge de gras sur sa couche de sucre, sous une reprise d’une palette hamonieuse de gris dans notre ciel francilien.
Mardi : TOUT ÇA POUR ÇA
Je suis toujours sidérée par l’excitation collective qui précède une soirée de match et la rapidité avec laquelle elle retombe comme un soufflé au fromage qui dégonfle.
Mercredi : COURANT D’AIR
M’apercevoir après la photo de groupe de fin de séminaire que ma braguette était ouverte… Inutile de préciser que j’étais au premier rang…
Jeudi : JOURNÉE DE LA FEMME
Et donc, il se passe quoi ? On a tué la charge mentale ?
Vendredi : MOT DE TÊTE
Collègue exaspérée : "Non mais c’est incroyable ! On marche sur les pieds !"
Samedi : WATSON ET LA LITTÉRATURE
"J’ai lu Terminal de Zola".
Dimanche : C’EST PARTI J-50
Je déclare officiellement participer au concours d’écriture de LIRE/LIBRINOVA, dont la seule contrainte est de commencer la nouvelle par : "c’est en ouvrant ce livre que tout commença". Et oui je sais, je ferai attention au nombre de signes (cf post 2017 "Traitez-moi de boulet").

samedi 10 mars 2018

Speed reading ou jamais sans mon livre #3




Force est de constater que mes articles concernant mes goûts et commentaires littéraires, sont loin de susciter autant d’intérêt qu’un post qui parle de mes états d’âmes ou de mes coups de gueules journaliers. J’ai malgré tout décidé de continuer cette rubrique, ne serait-ce que pour ma propre personne, pour tout simplement ne pas oublier ce que je lis et ressens en parcourant ces lignes d’écritures multiples et variées.
J’ai décidé de vous épargner mon "regard" sur les livres que je n’ai pas aimés, non seulement par respect envers les écrivains dont j’admire la profession mais surtout parce que mon désintérêt ou mon jugement littéraire négatif, est loin de constituer une référence universelle.
 

La PROMESSE DE L’aube - ROMAIN GARY

Merci au 7ème art d’avoir porté cette œuvre sur les écrans. Pour ma part, écouter l’acteur Pierre Niney parler de son personnage Romain Gary, m’a donné une envie folle de lire ce livre. De cet auteur je ne connaissais rien si ce n’est le livre lu dans ma jeunesse, "La vie devant soi" d’Emile Ajar. A l’époque je me souviens, je ne comprenais pas l’intérêt des pseudos. Maintenant moi-même à l’aube d’une reconnaissance universelle voire interplanétaire, je mesure l’importance de conserver mon anonymat.
Je n’imaginais pas Romain Gary si drôle, maniant l’autodérision avec une puissante dextérité. Certaines scènes sont délicieusement comiques : sa démonstration de tennis devant le roi de Suède, sa passion gustative des cornichons à la russe, sa consommation démesurée de croissants et la description qu’il en fait, est à l’image du ton de ce livre, un mélange d’extravagance, d’excès de tout et d’une tendre naïveté : "j’ai conservé une très grande tendresse pour les croissants. Je trouve que leur forme, leur croustillance, leur bonne chaleur, ont quelque chose de sympathique et d’amical."
Mais ce livre est avant tout un hommage à sa maman : cette femme prête à tout pour subvenir aux besoins de leur vie courante, devrais-je dire, de la vie de son fils, son unique raison d’exister, de se battre au quotidien seule et de porter son enfant dans la lumière d’une reconnaissance. Grande gueule et fumeuse de gitanes,  ayant le sens des affaires plus ou moins honnêtes, elle possède des idées de carrières pour son fils plus prestigieuses les unes que les autres. Elle est attendrissante sans doute étouffante et l’on mesure distinctement que son côté autoritaire et sans concession a pesé lourd sur l’éducation de son enfant. C’était une femme au caractère volontaire, porté par une vitalité, un courage admirable et source d’une inspiration pour son fils, qu’elle n’aurait pas imaginé.
 

LA PORTE – MAGDA SZABO

C’est avant tout la couverture du livre qui a attiré mon regard. Tout simplement parce que je trouve les portes photogéniques et tellement symboliques : un mélange entre le mystère de ce que l’on est susceptible de trouver derrière et le témoignage de l’Histoire, du temps qui passe, avec ses boiseries d’une époque et ses poignées à loquet.
La narratrice raconte ses relations avec sa domestique qui resta chez eux pendant vingt ans. Tout l’intérêt du livre repose sur cette femme qui malgré sa fonction, revendique sa liberté de faire son travail comme elle l’entend, sans hésiter à montrer de manière parfois violente et étonnante son mécontentement envers ses patrons. Plus le lecteur avance dans l’histoire, plus il sent l’emprise de la domestique sur le couple qui l’emploie. C’est psychologiquement déroutant. Tout pourrait se résumer dans cette phrase : "c’est elle qui réglementait notre relation et elle en réglait le thermostat avec économie et rationalité".
Ah j’allais oublier, habitant dans le même immeuble que ses patrons, elle refuse à quiconque, l’accès à son domicile…

LE SEL DE LA VIE – FRANCOISE heritier

J’ai découvert cet auteur dans l’émission "La grande Librairie", une anthropologue renommée avant tout et amoureuse des mots. Cette femme en fauteuil roulant sur le plateau semblait malgré tout, extraordinairement pleine de vie, rayonnante lorsqu’elle nous parlait de son amour pour l’existence. Quelques jours après l’enregistrement de l’émission, elle quittait ce monde en toute discrétion mais avec un formidable cadeau "Le sel de la vie" et certainement d’autres œuvres qui font partie de "la liste de mes envies"...
Ce livre est étonnant car comme elle l’explique dans les premières pages, "c’est une énumération qui suit, une simple liste, en une seule grande phrase […]. Il s’agit de sensations, de perceptions d’émotions, de petits plaisirs, de grandes joies, de profondes désillusions parfois et même de peine, bien que mon esprit se soit tourné vers les moments lumineux de l’existence."
Vous l’aurez compris enfin je l’espère, ce livre fait du Bien, c’est une bouffée d’oxygène ; il donne envie au lecteur de lister SON sel de SA vie. En tout cas pour ma part, je compte bien tenter l’exercice pour  ce qu’il procure en souvenirs et pour encore mieux prendre conscience, de tous ces moments de l’existence qui rendent unique notre passage sur cette planète.
 

L’AUTRE QU’on adorait – catherine CUSSET

J’ai presqu’envie d’en écrire le moins possible pour vous laisser découvrir ce livre d’une intensité particulière. Si vous lisez la quatrième de couverture, vous aurez sans doute tendance à vous dire :"oh bein ça n’a pas l’air très drôle cette histoire". C’est vrai puisque dès les premières pages, on comprend que le personnage principal connait une fin tragique. Mais ce n’est pas l’intérêt du livre. C’est la manière dont la narratrice qui a connu cet homme, fait un flash-back sur sa vie en s’adressant à lui directement et toujours au présent : "je ne peux pas dire autre chose que "tu". "il" est trop distant, comme si je parlais de toi à un autre. "il" te tue encore un peu plus".
On découvre au fil des pages, un jeune homme plein de vie, de rêves, d’illusions, "un jouisseurs qui aime le vin et la littérature, la chair, la bonne chère et les concepts". On avance au Présent, dans sa découverte de New-York, son intégration, ses conquêtes amoureuses, ses copains, son rapport avec l’autorité, ses ambitions professionnelles mais aussi ses erreurs et parfois sa paresse.  Au-delà de l’intérêt que suscite cette forte personnalité, les descriptions faites de New-York et de ses environs, donnent envie de découvrir cette ville aux multiples facettes ou bien d’y retourner.
Ce livre est fort, puissant, à la hauteur sans doute de ce personnage que l’on aurait aimé rencontrer.