lundi 14 mai 2018

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #54



Lundi : SOIS CON ET TAIS-TOI
Collègue en réunion : "il y a deux solutions à notre problème : soit qu’on décide de poursuivre, soit qu’on n’y va pas."
Mardi : PSG-LES HERBIERS
Quand "poteau" rime avec "Pichot", le PSG finit pas gagner mais pas "les doigts dans l’nez".
Mercredi : DANCING IN THE LIFT
Mon défi du matin si je suis seule dans l’ascenseur : utiliser les quelques secondes qui me relient à mon étage de bureau pour pratiquer la plus déjantée des chorégraphies et ressortir sage comme une image.
Jeudi : SAGESSE MATINALE
Moi au réveil de Watson : "Bonjour mon crapaud ! Dis-donc tu as l’air d’être en forme ce matin, tu as une tête bien reposée."
Watson : "oui c’est parce que quand je me suis réveillé, je me suis senti plus mature."
Vendredi : "VERS LA BEAUTÉ" DE DAVID FOENKINOS
Un peu déçue par ce livre mais toujours admirative de ses métaphores : "Elle n’arrivait toujours pas à parler mais les mots se trouvaient maintenant sur le rivage de la parole."
Samedi : À PLEIN RÉGIME
Aujourd’hui je me lance dans un tri de mes vêtements et me constitue une pile que je nomme intérieurement "si j’maigris".
Dimanche : RÉGIME SANS SOUS SUCRE
Quelqu’un sait où est la tarte aux fraises ? Ben dans ton cul je crois.

dimanche 6 mai 2018

Complément d'enquête sur une soirée foot à la maison






Il y a quelques jours était diffusé sur W9, un match de foot apparemment hyper méga important : OM contre Salzbourg. En vacances à l’ile d’Yeu avec un ami (Francis pour son anonymat), ses deux garçons (Ben et Nuts), sa fille et une de ses copines, la question ne se posa même pas de le regarder ou pas. C’était manifestement comme une évidence pour toute la tribu masculine y compris mon "marai" Sherlock et mon fils Watson. Les deux adolescentes optèrent étonnement pour une sortie crêperie sur le port.
Je décidai pour ma part de me porter volontaire afin d’analyser dans les moindres détails ce phénomène très particulier que l’on appelle communément une soirée foot. Je tiens néanmoins à préciser en toute franchise, que je ne suis pas réfractaire au foot et que toute petite, je fus  bercée par la voix de Thierry Roland. Alors oui je l'avoue, je prends plaisir à regarder certains matchs. Je suis même en capacité de vous expliquer les règles y compris celles du "hors-jeu", c’est pour dire. Bref je suis en toute modestie plutôt calée, en tout cas plus que Sherlock qui a appris à aimer le foot sur le tard, depuis que Watson le pratique en club, c’est-à-dire deux ans. J’admire la capacité de mon mari à être devenu en si peu de temps un parfait supporter avec toute l’élégance et la retenue que cela peut parfois comprendre…

Mais revenons à notre fameuse soirée pour laquelle les préparatifs démarrèrent dès la fin de la matinée. En balade sur le port, Francis préconisa que nous fassions les réservations de Pizza dès que possible pour être sûrs qu’elles soient prêtes dans les temps, c’est-à-dire avant ce qu’on appelle le fameux "coup d’envoi". Le menu d’ailleurs de cette soirée ne souffrait d’aucune discussion possible : c’était pizza ou pizza. Par je ne sais quel miracle, nous avons échappé à la boisson de prédilection, celle qui déclenche des envies plus que pressantes, de préférence au moment des actions dites "décisives". Toujours est-il que le menu choisi à la majorité masculine, me permit donc de me consacrer à mon activité d’observation avant même que le match ne démarre ; dès l’heure qui précéda le début de la partie, la télévision était positionnée sur la chaîne de l’Equipe (canal 21) pour écouter les prévisions des chroniqueurs et leur finesse ; notre cher Ray (mond Domenech) et ses copains se lancèrent dans quelque pronostic pas forcément vital.
La soirée faillit être avortée 5 minutes avant le démarrage : pour je ne sais quelle raison, la télévision refusait d’émettre le moindre signal pour la chaine W9. D’un coup d’un seul, la tension passa haute et les visages virèrent au blanc sucre glace malgré les coups de soleil du jour. Fort heureusement, une reprogrammation générale des chaînes permit de rétablir le contact avec les petits hommes bleus et le ballon magique.

Assise légèrement en retrait pour observer à loisir les comportements de Francis, Ben, Nuts, Sherlock et Watson je pouffe et prends des notes :
Sherlock : "nan mais tu ne te rends pas compte Charlie, les trois quarts des français font comme nous ce soir !"
Le supporter n’est jamais dans l’excès, c’est bien connu. 
Le match commence : Watson, Ben et Nuts engloutissent leurs pizzas les yeux aimantés sur l’écran.
Francis vissé sur sa chaise émet enfin un son : "ça sent bon là, ils font le taf."
Sherlock : "Ils sont pas là par hasard ; il est long le parcours pour en arriver là."
A cet instant précis, j’hésite à lancer un concours géant de la phrase à deux balles mais les citations sans fond se poursuivent plus percutantes les unes que les autres :
Sherlock : "Ca va pas être si simple que ça."
Francis : "Nan."
On frôle la palme d’or de la réplique quand soudain c’est le but. Comme dans tout match de foot, tel un mouvement mécanique, les supporters se lèvent pour acclamer la performance. C’est ainsi que Sherlock bondit de son fauteuil, emportant dans sa liesse son verre de vin rouge qui vacille et qui, par je ne sais quel miracle, évite le fauteuil crapaud si cher à sa tendre belle-mère.
Les enfants explosent de joie, entament des chorégraphies, les croûtes de pizzas tremblent dans les boites secouées par la victoire. Je profite de ce moment d’exaltation pour m’éclipser chercher du bois pour la cheminée. Mon absence n’est bien sûr absolument pas remarquée tellement la concentration masculine footballistique est à son apogée.
A mon retour, un débat est en cours. Le but a-t-il été mis avec la main ?
Francis :"il marque de la main et alors ? On s’en fout y’a pas l’arbitrage vidéo."
Le foot, c’est aussi ça parfois : la victoire de la mauvaise foi.

Et puis le match se poursuit, lent sans action : les yeux des 3 garçons se font de plus en plus lourds mais Ben, telle une cacahuète grillée à sec, a soudain un regain d’énergie : "enroule, enroule !"
Francis enchaîne en criant quasiment: "à gauche, à gauche, y’ a un boulevard !". Oui parce qu’il faut le savoir, les joueurs ont la capacité d’entendre et de  prendre note de tous les conseils donnés par les téléspectateurs où qu’ils soient.
C’est la mi-temps, les hommes sortent se détendre histoire d’analyser un peu mieux la situation :
"On va y arriver ; il faut pas qu’on relâche la pression."
"On"… le "on" de la victoire. Notez bien que si l’équipe que vous soutenez perd, le "on" se transforme en  "ils", ce qui pourrait donner : "ils jouent vraiment comme des culs".

La deuxième période est fadasse malgré un deuxième but pour "notre" équipe. Les joueurs crachent de plus en plus, se grattent les parties sans modération, se mouchent sans mouchoirs.  Francis et Sherlock détendus du string par une victoire presqu’acquise, ont changé de registre de dialogue : lorsque le joueur Clinton fait son entrée dans le stade, Francis lâche : "Clinton est hilare".
Et quand Dabour (prononcé dabur) fait une action, Sherlock évoque sa femme Yvette, parce que… "Dabur sur Yvette"… On frôle le très gras mais ça fait partie du jeu.

Le match s’achève. Il est l’heure pour les chroniqueurs de la chaîne l’Equipe de prendre le relais,  d’échanger leurs points de vue et de se foutre sur la gueule ; si si je vous jure, au prochain match essayez cette chaîne cinq minutes et vous verrez.
Les enfants vont se coucher en toute lucidité : "pas terrible le match mais c’était quand même une bonne soirée". Parce que oui il faut bien l’avouer, qu’on aime ou pas le foot, une chose est sûre c'est qu'il y a un côté festif inimitable, unique, sublimé parfois par des phrases cultes des commentateurs :
"l'équipe de France est championne du monde, vous le croyez ça ? Je crois qu'après avoir vu ça, on peut mourir tranquille. Enfin le plus tard possible. Ha c'est superbe ! Quel pied ! Ah quel pied oh putain ! oh lalalala, oh c'est pas vrai !" Thierry Roland 12 juillet 1998.







mardi 10 avril 2018

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #53

Lundi : MAUSSADE
Chers provinciaux, savourez bien la chance que vous avez de ne pas être confrontés aux retours bouchonnées de fin de week-end sur l'autoroute de la gloaquitude, sous une ambiance de crachin de Toussaint.
Mardi : HISTOIRE DE QUEUES
Collègue  en pleine  réunion (la même, ce qui me pousse à croire que je vais bientôt pouvoir écrire un recueil) : "on est en train de se mordre la queue", à la place vous l'aurez compris de : "c'est le serpent qui se mord la queue", enfin je suppose...
Mercredi : ÇA AGACE
Quand tu perds ton bagde d'accès mais que tu sais où tu l'as laissé, que l'on te certifie qu'il ne s'y trouve pas, que tu le fais refaire, changes tous les codes d'accès associés et qu'en fin de journée, finalement le badge a été retrouvé à l'endroit que tu avais indiqué...
Jeudi : PLÉONAS(M)E
CFDT interviewée : "La grève des transports est un frein aux déplacements du quotidien". Ces gens sont des TGV de l'humour !
Vendredi : ÇA COGITE SÉVÈRE
Collègue, une autre qui me lit et qui je le sais, ne m'en voudra pas de la citer : "Je réfléchis en même temps que je pense".
Samedi : J-24
Autant l'avouer, je suis grave dans les choux concernant le concours d'écriture pour lequel ma nouvelle n'a toujours pas de fin, ce qui en soit n'est pas...une bonne nouvelle (désolée)
Dimanche : EN AVRIL, NE TE...
Aujourd'hui on ouvre la baie vitrée, on s'offre le luxe de boire son café dehors et l'on se retrouve le soir dans son lit, avec le nez en patate, les yeux rouges comme un lapin, dans l'obligation de devoir respirer en toute élégance et discrétion par la bouche : une belle nuit en perspective...

mardi 3 avril 2018

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #52







Lundi : "MY ABSOLUTE DARLING" DE GABRIEL TALLENT
Je termine cet ouvrage et  confirme qu'il s'agit d'un pur chef-d'oeuvre comme le mentionnent les multiples critiques littéraires. C'est ce genre de livre qu'on a du mal à lâcher et qui nous laisse orphelin après la dernière page avalée.
Mardi :  BUSINESS IS BUSINESS
Moi : "Watson parfois je me dis qu'avec ton sens de la négociation, tu serais capable de vendre ta propre mère.
Watson : Ah mais je ne t'ai pas dit ? J'ai vendu ton cerveau sur le Bon Coin."
Mercredi : CA REND SOURD
Vous connaissez bien sûr l'expression "pas de son, pas d'image". A mon travail, on lui préfère la version "pas de son pas d'oreille".
Jeudi : DINETTE
Prétexte généralement féminin pour passer une soirée à discuter, échanger, rire ou pleurer sans filtre ni retenue, en mode totale confiance et bienveillance. Et ben ça fait du bien !
Vendredi : UN HIVER SANS FIN
Partir en week-end en province et se retrouver sur une autoroute aux allures hivernales : vent, pluie, arbres dénudés, paysages détrempés. #alertenlèvementprintemps
Samedi : LANGOUSTINES CÔTÉ OUEST
Aujourd'hui dégustation de vraies langoustines, pas celles que tu achètes congelées sur les marchés parisiens. Non, celles qui se débattent  quelques instants dans l'eau bouillante, qui restent fermes au moment du décorticage et qui supportent sans se plier, la tonne de mayonnaise maison.
Dimanche : JOEUFS DE MOTS
Aujourd'hui chasse aux oeufs sous un triste ciel et une température hivernale qui nous oblige à nous couvrir, d'où l'expression : "Ne pas avoir froid aux oeufs". Désolée.

mardi 27 mars 2018

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #51


Lundi : GRISE MINE
Retour de la neige au réveil ce matin. Est-ce que quelqu’un là-haut peut switcher sur le programme " intensif Printemps" ? En vous remerciant.
Mardi : GARDE À VUE
Démarrage de la saison 15 de la série "Les malheurs de Sarkozy", série disponible sur toutes les chaînes d'info.
Mercredi : BLOUSON 1, ÉCHARPE -2
Après l’épisode blouson (cf post "Côté psy"), je vous propose la version écharpe (la deuxième perdue depuis le début de la saison) que j’ai appréhendée en toute quiétude par une suppression de l’argent de poche.
Jeudi : INTEMPOREL
Collègue (la championne) : "Jeudi dernier on y verra plus clair"
Vendredi : TRÈBES
...😢...
Samedi : "INEPSY"
Aujourd’hui la séance est consacrée à comprendre les oublis récurrents de Watson. Psy : "Watson est ce que tu te souviens de ce que tu oublies ?"
Dimanche : HORAIRE D'ÉTÉ
Sherlock jamais dans l'excès : "J’en ai ras-le-bol de ce changement d’heure ! Il me faut un an pour m’en remettre."

mardi 20 mars 2018

La semaine dernière en 7 mots (ou expressions) #50


Lundi : C’ÉTAIT TROP BEAU
Souvenez-vous de la journée d’hier, il faisait beau et presque chaud, ce fut une journée idéale pour les ondes positives. Oui mais ça, c’était hier.
Mardi : COURS DE MATHS DISPROPORTIONNÉ
Je pense être la seule maman à enseigner à son fils les proportions en lui donnant comme exemple que si un garçon a 10 ans quand sa maman en a 30, à ses 20 ans, sa maman en aura 60. Il n’a fort heureusement pas adhéré à ma démonstration. #grossefatigue  #honteinterplanétaire
Mercredi : COMME UN AIR DE PRINTEMPS
Superbe journée aux allures de Printemps avec l’apparition des premières fleurs de prunus. Et dans Printemps, il y a "temps", comme celui qui s’écoule à toute allure et sans freiner. #carpediem
Jeudi : TELLEMENT BIEN VU
"L’écriture est un scalpel pour voir comment la nature humaine fonctionne." Philippe Claudel à "La Grande Librairie" sur France 5.
Vendredi : TER MOTS MIX
Quand l’expression "noyer le poisson" se transforme en "noyer tout dans le poisson", merci à mes collègues qui m’entourent, pour leur créativité débordante et sans limite.
Samedi : FLOP CHEF
Nouvelle recette testée aujourd’hui : un tagine de poulet au lait d’amande et aux abricots. Comme dit mon "marai" avec délicatesse "c’est doux", traduction : c’est totalement fadasse.
Dimanche : DARTY , LE CONTRAT DE CONFIANCE, VRAIMENT ?
Commencer la journée par laver à la main tout le contenu du lave-vaisselle soi-disant réparé deux jours avant…

dimanche 18 mars 2018

Côté psy




Si l’un d’entre vous croise Florence Foresti, dites-lui que j’ai peut-être un sujet de sketch qui devrait lui plaire ; le genre de sujet qu’on peut caricaturer sauf que dans le cas présent, malheureusement peut-être pour moi, rien n’est inventé.
L’histoire commence par une simple dispute entre une maman et son petit garçon de 10 ans. Pour faire simple appelons la maman Charlie, et le fiston Watson…
Quelques éléments de contexte :
un vendredi soir Watson rentre du foot et s’aperçoit en arrivant chez lui, que le blouson qu’il porte (à la main) n’est pas le sien mais celui d’un de ses camarades qui avait exactement le même, à la différence près qu’il a deux tailles en moins. A l’origine de cet échange, l’ambiance vestiaire de fin de match, les chaussettes qui se mélangent, les maillots qui volent les commentaires des plus belles actions qui fusent, on s’habille en prenant les fringues du voisin et bim.
Alors, quand Watson s’en aperçoit, il juge préférable de ne rien dire en tout cas, pas tout de suite mais le lendemain matin, juste avant de partir avec sa maman chez le psychothérapeute. Oui parce que  Watson ayant une carence en concentration, des séances chez un psy ont été fortement recommandées par le corps enseignant. Watson se rend généralement de bon cœur à ces rendez-vous mais ce matin-là, allez savoir pourquoi, il traine un peu la patte :
- Maman on est obligé d’y aller ? J’ai rien à lui raconter là, je travaille mieux et en plus, c’est les vacances.
-  Ecoute Watson, on ne peut pas annuler au dernier moment donc prends ton blouson et on y va.
- Avant, faut que je te dise quelque chose et je suis sûr que ça ne va pas te plaire. Malo, il avait le même blouson hier et en fait, il a pris le mien et moi j’ai le sien.
- Attends une minute ; tu veux dire que tu as le blouson de ton copain depuis hier soir ?  Mais tu t’en es aperçu quand ? Demande la maman qui commence à sentir l’énervement poindre son nez.
- Hier en rentrant.
- Et pourquoi tu n’as rien dit avant ? Hein pourquoi tu ne nous as pas prévenus tout de suite ? Il s’appelle comment ce garçon ? Bien sûr on ne le connait pas, on n’a pas son numéro de téléphone ! On est le premier jour des vacances, on annonce un froid polaire la semaine prochaine et tu es en train de me dire que ton blouson est dans la nature ?!!! L’énervement a laissé rapidement sa place à l’exaspération. T’avais pas de sujet pour ton rendez-vous et bien en voilà un tout trouvé !!
Watson et Charlie quittent l’appartement pour rejoindre la voiture. Sur le chemin qui les conduit au parking, la maman est devant et avance à grands pas, en jurant c’est mieux, alors que l’enfant suit derrière presqu’en courant mais restant légèrement en retrait pour éviter la confrontation.
Dans la voiture, la communication ne se résume qu’à des échanges de regards via le rétroviseur : deux yeux injectés d’éclairs contre une paire d’yeux, modèle chien soumis qui vient de faire pipi dans la maison.
Lorsque le psy les accueille par un :
- Alors, comment ça va aujourd’hui ?
Charlie est déjà en mode pilotage automatique défaillant.
- Et bien Watson vient de nous en faire une superbe et je ne vous cache pas que je suis particulièrement énervée. Mais je vais le laisser vous raconter.
Elle jette des regards complice, entendus au psy, l’air de dire vous allez voir, vous n’allez pas être déçu !
- Alors Watson qu’est-ce qui s’est passé ? Demande le psy dont le ton calme et le regard apaisé compensent avec le visage ravagé de furie de la mère.
Et Watson, penaud, la tête dans ses chaussures, raconte l’histoire en expliquant qu’il n’en a pas parlé tout de suite pour ne pas se faire gronder.
Le psy regarde la mère et lui demande :
- Et qu’est-ce qui vous dérange ?
- Qu’est ce qui me dérange ?! Mais enfin !! La vraie raison c’est qu’en rentrant hier soir, il n’avait qu’un seul objectif c’était de retrouver sa put foutue tablette et n’avait pas du tout envie d’être pollué par autre chose ou de devoir retourner chercher son blouson je ne sais où !!!
- Ok mais qu’est-ce qui vous met dans cet état ? Essayez d’analyser.
A cet instant précis, Charlie sent qu’elle perd le contrôle et que son supposé allié n’en est peut-être finalement pas un. Elle répond :
- Et bien on dirait que c’est moi qui vais parler aujourd’hui (air faussement dégagé et agacé).
- Peut-être que parce que c’est vous qui en avez le plus besoin ? (Bim prends toi ça dans la tronche). Alors en quoi ça vous dérange son attitude ?
Charlie poursuit son raisonnement même si elle commence à sentir que la partie lui échappe.
- Tout ça, c’est une question de confiance ! Il m’a caché quelque chose !!
- Vous êtes en train de dire qu’il vous a manipulée ?
- Oui c’est exactement ça ! Charlie pense avoir retrouvé son allié.
- Et pourquoi attachez-vous autant d’importance à la confiance ? Alors là Charlie commence à en avoir marre avec ces questions à la…psy
- Parc’que, parc’que, parce que j’ai des amies qui ont des enfants plus vieux que Watson, bref qui sont adolescents et qui boivent et se droguent !
En lâchant ces derniers mots à grande vitesse, Charlie sent qu’elle est allée peut être un peu trop loin dans son raisonnement mais c’est trop tard. Watson la regarde avec des yeux comme des soucoupes et lui demande sous le choc :
- En fait t’as peur que je me drogue ?
- Oui, enfin non, enfin c’est pas ce que je voulais dire.
Le psy se lève et poursuit :
- Ok, on va faire un petit schéma sur le paperboard. Il écrit le mot blouson, dessine en dessous une flèche qui descend et écrit au bout le mot drogue. Il explique :
- Donc résumons-nous, on part d’une histoire de blouson malencontreusement échangé. Watson s’en aperçoit et ne dit rien parce qu’il a peur de se faire gronder : comportement normal d’un enfant de 10 ans. Et on termine avec une suspicion de consommations de drogue dans quelques années. Je ne dis pas que Watson a eu raison de ne rien dire ; je dis juste que c’est une attitude d’enfant et vous lui prêtez des comportements d’adulte en parlant de manipulation.  Je suppose que via le club de foot vous allez avoir les coordonnées de ses parents non ? Donc finalement le blouson n’est pas perdu. Madame Steser, vous ne seriez pas un peu angoissée ? Vous ne seriez pas du genre à vous inventer des scénarios catastrophes ?
- Non pourquoi ? Enfin si... peut-être… un peu.
- Et votre mari il en dit quoi ?
- Mon mari, mon mari… il dit que je suis hypocondriaque. Charlie se dit encore une fois qu’elle aurait mieux fait de se taire. Sourire du psy qui s’adresse à Watson :
- Ok Watson ; bon, il ne faut pas que tu en veuilles à ta maman c’est un peu Mouchi dans "un éléphant ça trompe énormément", "mon fils, mon fils".  Faut pas lui en vouloir, tu es son fils unique. Il faut juste qu’elle apprenne à se détendre, à se relaxer.
Et s’adressant à Charlie et Watson :
- Bon je pense qu’on en a fini pour aujourd’hui. Voulez-vous qu’on fixe un autre rendez-vous ?
Charlie : "c’est Watson qui décide.
Watson : Oh oui ! Ca fait du bien à Maman je crois et moi ça me va très bien."